Fadel Chaker, un crooner libanais devenu fugitif islamiste

Publié le à Beyrouth (AFP)

La voix de Fadel Chaker faisait craquer ses admiratrices, jusqu'au jour où ce crooner libanais fut séduit à son tour par les prêches d'Ahmad al-Assir, avec lequel il a fui après l'assaut lundi de l'armée contre ce cheikh sunnite radical, près de Saïda.

Né d'une mère palestinienne et d'un père libanais dans le misérable camp palestinien d'Ain Héloué, à Saïda, ce quadragénaire a eu une enfance difficile qui explique, selon un ancien ami du chanteur, son parcours où se mêlent les lumières de la scène et l'extrémisme le plus sombre.

Fadel Chmandour, qui changea ensuite son nom en Chaker, a débuté en poussant la chansonnette dans des mariages du camp palestinien. "Il avait une très jolie voix et l'écouter chanter en acoustique était bien plus beau que ses enregistrements", confie à l'AFP cet ancien ami, qui ne veut pas être identifié.

"Mais il a toujours été naïf et crédule. Avec le succès, il s'est éloigné des gens qui l'aimaient vraiment, et terminait toujours en mauvaise compagnie", ajoute ce quadragénaire qui a perdu contact avec lui il y a plusieurs années.

Son premier album fut commercialisé au milieu des années 90 et au temps de sa gloire, toutes ses chansons connurent l'engouement du public, jusqu'à ce qu'il mette fin à sa carrière en 2011.

Ses plus grands succès comme Bayyaa al-Qouloub (le briseur de c?ur), Ya Ghayeb (Toi qui es loin de moi) et Law Ala Albi (Mon c?ur fond avec ton amour), sont toujours interprétées dans les mariages.

Immense popularité

"C'était un être extrêmement sensible. Quand sa femme palestinienne l'a quitté, il pleurait sur scène en pensant à elle", confie son ancien ami.

Dans cette chanson à l'adresse de la femme perdue, il implore: "Ô toi qui es si loin, pourquoi ne t'enquiers-tu pas de celui qui t'aime et qui ne peut dormir la nuit".

Son immense popularité découlait aussi du fait qu'il militait pour les droits des Palestiniens, et il avait obtenu la citoyenneté d'honneur du président Mahmoud Abbas.

L'artiste avait ouvert un restaurant à Saïda et pensait souvent à quitter sa carrière musicale pour une vie plus tranquille auprès de ses trois enfants.

Son frère, musulman de stricte observance, tentait depuis des années de le convaincre d'abandonner la musique.

La révolte en Syrie en mars 2011 contre Bachar al-Assad a marqué une rupture, et il s'est mis à considérer que chanter était haram, interdit par l'islam.

Il s'est laissé pousser la barbe et il est devenu l'attraction du petit mouvement mené par cheikh Assir, une formation sunnite radicale et confessionnelle.

"Désir de devenir un martyr"

Il appelait d'ailleurs son mentor "le lion des sunnites" en raison de ses diatribes enflammées contre le mouvement chiite libanais Hezbollah, favorable à Bachar al-Assad.

Les militants anti-Assad mettaient souvent en ligne des vidéos montrant Fadel interprétant des chants religieux en l'honneur des rebelles syriens.

Cette année, lors d'une interview à la télévision, Fadel avait troqué ses chansons d'amour pour l'appel au jihad et à la mort. Cheikh Assir assis à ses côtés, il chantait d'une voix suave: "Dieu invite moi à rejoindre le jihad (...) Mère ne pleure pas pour moi.. Je n'ai pas peur de la mort et mon désir est de devenir un martyr".

Plus choquant encore est le petit film amateur filmé par les partisans d'Assir à Abra, à l'est de Saida, où se trouve le quartier général du mouvement, tombé lundi aux mains de l'armée à l'issue de violents combats qui se sont soldés par la mort de 17 soldats.

"Nous nous sommes débarrassés de vos deux porcs, de vos deux chiens. Dieu est grand", clame le chanteur sans que l'on sache s'il fait allusion à l'armée ou à des membres du Hezbollah.

Un tribunal militaire a lancé 124 mandats d'arrêt contre le cheikh Assir et ses partisans, dont Fadel, que l'armée traquait mardi. Le frère du chanteur, Abou Abdo Chmandour, a été tué dans les combats.

"Je savais qu'il quitterait un jour la musique mais je n'ai jamais pensé qu'il rejoindrait Assir", dit son ancien ami à l'AFP, déplorant qu'il ait été "manipulé" par extrémistes ayant utilisé sa renommée pour se faire connaître.

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