France: Mayotte reste sous tension malgré les efforts d'une ministre sur place

Publié le à Mamoudzou (AFP)

L'archipel français de Mayotte, dans l'océan Indien, restait sous tension mardi, avec une grande manifestation contre l'insécurité et l'immigration clandestine, malgré la tentative de déminage d'une ministre, en visite depuis lundi.

La ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, qui a reçu un accueil très houleux à son arrivée lundi sur le petit département français, situé entre la côte orientale de l'Afrique et Madagascar, recevait ce mardi une délégation du collectif des citoyens et de l'intersyndicale, à la tête du mouvement de contestation, ainsi que des élus.

Fatihou Ibrahim, porte-parole du collectif des citoyens, a indiqué qu'il allait remettre un courrier à la ministre pour demander au gouvernement de "nous envoyer un véritable interlocuteur qui sera capable d'engager le gouvernement sur trois points: le rattrapage de Mayotte, qui nous est dû, le développement de Mayotte, qui nous est dû, et l'insécurité, sur laquelle nous n'allons pas négocier, parce qu'on ne peut pas avoir de liberté, sans avoir de sécurité".

L'intersyndicale et le collectif avaient refusé de rencontrer Mme Girardin lundi, dénonçant une "mascarade" et un manque de volonté du gouvernement "de mener de véritables négociations sur (leurs) revendications".

Mardi matin, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, contre l'insécurité et l'immigration clandestine en provenance des Comores, à 70 km de là, mais aussi pour réclamer davantage d'actions de l'Etat.

"On est là pour crier notre colère. A partir d'aujourd'hui, nous allons défier le gouvernement", a lancé en début de manifestation un porte-parole du collectif.

"Non à la conférence, oui aux actions", pouvait-on lire sur certaines banderoles en référence à la conférence sur l'avenir de Mayotte proposée par la ministre la semaine dernière.

"Je suis là pour la sécurité principalement, et pour tous les problèmes sociaux", a expliqué à l'AFP Lisa, enseignante de 26 ans, énumérant le manque d'écoles et de lits à l'hôpital. "Que les clandestins retournent à Anjouan ou en métropole !", hurlait une autre manifestante, qui a refusé de donner son nom.

Dans le même temps, entre 200 à 300 manifestants ont investi l'assemblée départementale pour dénoncer la "trahison" de certains élus qui avaient accepté la veille de discuter avec la ministre à Dzaoudzi. Le porte-parole du collectif des citoyens a qualifié l'événement d'"absolument regrettable".

Annick Girardin "a toute la légitimité et toute latitude pour intervenir", a défendu le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Lundi, la ministre a ouvert le chantier, qui fait débat, d'un possible statut d'extraterritorialité pour l'hôpital, dont la maternité est la première de France avec quelque 10.000 naissances chaque année.

- Election à risque -

L'objectif est d'enrayer la multiplication de naissances d'enfants de mères venues des Comores voisines et en situation irrégulière, ce qui est perçu comme un abus du droit du sol.

"En 2015, plus d'un adulte sur deux vivant à Mayotte n'y est pas né", et les natifs des Comores "représentent 42% de la population du département", selon l'Institut des statistiques Insee.

Avec ce statut, la maternité serait "en quelque sorte une maternité internationale", mais le droit du sol ne serait pas remis en cause, explique le député macroniste Aurélien Taché dans le quotidien français La Croix: "au lieu d'obtenir automatiquement la nationalité française", les enfants de Comoriennes qui y naîtraient "pourraient être déclarés comme Comoriens au registre de l'état civil".

L'ex-ministre des Outre-mer et députée de la Réunion (Nouvelle gauche) Ericka Bareigts s'est étonnée que "personne ne parle d'investissements aux Comores".

Dans ce climat, l'élection législative partielle du 18 mars (deuxième tour le 25) est maintenue malgré les risques. Les manifestants ont annoncé la couleur: "Chacun va imprimer un bulletin +sécurité du département+ et le mettre dans l'urne", a assuré l'un d'eux.

© 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

Betfirst - Livepartners

Ailleurs sur le web

Votre horoscope du jour par Serge Ducas

Bélier

Vous tenez à la fois les rênes de votre foyer et de votre vie professionnelle. Vous voulez tout contrôler.

Taureau

Vous êtes freiné dans votre élan. Quelques obstacles se dressent soudainement sur votre route.

Gémeaux

Vous prenez un risque jugé insensé par vos proches. Vous voulez évoluer professionnellement.

Cancer

Vous êtes très attaché aux valeurs véhiculées par la famille. Aujourd’hui, vous y êtes totalement impliqué.

Lion

Vous multipliez les occasions de sortie, de rencontre si vous êtes seul.

Vierge

Vos talents d’intermédiaire s’avèrent utiles pour ramener le calme dans la cacophonie qui règne dans votre cadre de travail.

Balance

Ce n’est pas le moment de prendre un risque financier. Les tentations sont grandes, mais votre budget ne vous le permet pas.

Scorpion

Votre relation sentimentale est épanouie et chaleureuse. Vous savez profiter de la vie à deux.

Sagittaire

Vous avez toutes vos chances de nouer une nouvelle relation. Vous avez un coup de cœur.

Capricorne

Vous n’êtes pas fermé à la critique. Vous êtes même très attentif à ce que les uns et les autres pointent du doigt.

Verseau

La patience et la tolérance permettent de rétablir l’harmonie dans votre foyer. Vous êtes plus à l’écoute de votre conjoint.

Poissons

Votre sens des affaires s’affirme. Vous avez un coup d’avance sur vos adversaires.

Facebook