Grèce: manifestation antifasciste à Athènes

Publié le à Athènes (AFP)

Plus d'un millier de personnes ont manifesté samedi en fin d'après-midi à Athènes à l'appel d'organisations antifascistes contre le parti néonazi Aube dorée, qui prévoyait un rassemblement plus tard dans la soirée dans le centre-ville.

"Chassez les fascistes", "Les néonazis en prison", "Pavlos Fyssas (militant antifasciste assassiné par un membre d'Aube dorée en septembre) vit, brisez les néonazis", proclamaient les banderoles des manifestants rassemblés devant le bâtiment de l'Université dans le centre d'Athènes.

Cette manifestation s'est déroulée à 300 mètres de la place Syntagma, où Aube dorée a appelé à un rassemblement pour protester contre l'offensive judiciaire lancée contre ses dirigeants après l'assassinat de Pavlos Fyssas.

L'organe "de coordination des mouvements antifascistes" a dénoncé dans un communiqué "la provocation d'Aube dorée qui organise un rassemblement sur la place historique de Syntagma".

Nommée place Syntagma (place de la Constitution ndrl) en 1843, lors d'une révolte ayant obligé le roi Othon à accorder la Constitution à la Grèce, cette place située devant le Parlement a été le théâtre de grandes manifestations anti-rigueur, souvent violentes, ces dernières années.

La police a interdit vendredi aux manifestants de défiler dans le centre-ville pour éviter les incidents.

Le centre d'Athènes était bouclé à la circulation et d'importantes forces anti-émeutes étaient présentes près de la place Syntagma où les sympathisants d'Aube dorée ont commencé à affluer en début de soirée, brandissant des drapeaux grecs.

"Non aux prisons pour les nationalistes", proclamait une banderole d'Aube dorée.

Le dirigeant d'Aube dorée, Nikos Michaloliakos et deux autres députés de ce parti ont été placés en détention provisoire début octobre après avoir été inculpés d'appartenance à "une organisation criminelle".

Accusées de laxisme face aux nombreuses violences imputées aux membres d'Aube dorée, en particulier contre des immigrés, les autorités grecques ont été obligées de réagir en septembre, après le meurtre du musicien antifasciste, Pavlos Fyssas, par un militant d'Aube dorée.

Le Parlement a récemment voté la levée de l'immunité parlementaire de huit des dix-huit députés d'Aube dorée, accusés de violences.

Surfant sur la pauvreté et la misère, conséquenses de la crise qui frappe le pays depuis quatre ans, Aube dorée est entré pour la première fois au Parlement lors des législatives de juin 2012, obtenant 6,9% des voix.

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