Jour de rentrée à l'Assemblée, Richard Ferrand en route vers le perchoir

Publié le à Paris (AFP)

Promise à un "an II" plus compliqué, l'Assemblée nationale a fait sa rentrée mercredi en lançant le vote pour le perchoir, que Richard Ferrand, fidèle du chef de l?État, est assuré d'emporter.

Le vote à bulletin secret de l'ensemble des élus a débuté vers 16H30 dans une ambiance dissipée, après les premières questions au gouvernement de la rentrée et les premières joutes verbales, sous la houlette de la vice-présidente Carole Bureau-Bonnard (LREM).

Les députés ont commencé à se succéder par ordre alphabétique à la tribune pour glisser un bulletin dans l'urne. L'opération doit durer environ une heure, avant le dépouillement d'une cinquantaine de minutes. Après proclamation des résultats, le nouveau président prononcera un discours, avant une passation de pouvoir programmée dans la soirée avec François de Rugy à l'Hôtel de Lassay.

Le suspense est plus que limité: facilement investi lundi par les députés LREM, face notamment à Barbara Pompili, l'élu du Finistère de 56 ans, jusque-là chef de file du groupe, aura l'appui des "marcheurs" (312 députés sur 577).

Face à lui pour devenir le quatrième personnage de l?État: Annie Genevard (LR), Ericka Bareigts (PS), Mathilde Panot (LFI) mais aussi Marc Fesneau (MoDem).

Pas de "fronde" des centristes, mais un "signal" pour rappeler qu'ils sont un des "deux piliers" de la majorité. M. Fesneau pourrait "glaner quelques voix" côté LREM, prédit un "marcheur".

UDI-Agir ne présente pas de candidat: "Pas la peine de participer à un jeu joué d'avance", selon son coprésident Jean-Christophe Lagarde.

Si la candidate LFI entend "rassembler toute l'opposition de gauche", les communistes ont opté pour un "choix libre", contrairement à 2017.

La session extraordinaire de septembre avait été ouverte à 15 heures, dans un hémicycle quasi comble et avec un mot de bienvenue aux nouveaux ministres, dont "naturellement" François de Rugy, applaudi debout par la majorité.

- "Sursis au vieux monde" -

Donnant le coup d'envoi des questions, l'élue réunionnaise Ericka Bareigts, offensive, a déploré une expression démocratique qui "s'étouffe" depuis un an.

Récusant cette "description quasi crépusculaire", le Premier ministre Edouard Philippe a répondu à la prétendante au perchoir que les députés feraient "le bon choix".

Alors que le perchoir n'a jamais été occupé par une femme, des critiques se sont faites entendre: "Au secours Barbara" Pompili, ont lancé certains à droite, lors d'une question sur les femmes dans l'armée.

M. Ferrand s'est vu aussi reprocher de ne pas incarner le renouvellement, y compris chez certains LREM, tel François-Michel Lambert pour qui "il n'incarne pas ce pour quoi on a voté".

Mais le choix du député breton évite une nouvelle crise dans la majorité, déjà bousculée par l'affaire Benalla.

Aux prises avec la justice dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne, M. Ferrand a laissé entendre qu'il ne démissionnerait pas nécessairement s'il devait être mis en examen. Pour le député PS Luc Carvounas, c'est la marque d'une "République des coquins et des copains".

"M. Macron offre un sursis au vieux monde", a aussi dénoncé dans les couloirs du Palais Bourbon l'Insoumis Adrien Quatennens.

Richard Ferrand ne prévoit pas de remettre en jeu sa nouvelle fonction dans un an, à mi-mandat, selon son entourage - engagement initialement annoncé pour tous les LREM au début de la législature.

Après cette rentrée qualifiée de "difficile" par des élus LREM, des dossiers compliqués attendent l'Assemblée: marathon budgétaire de l'automne, projet de loi Pacte sur les entreprises à compter du 25 septembre, mais aussi la délicate réforme institutionnelle.

M. Ferrand, qui a promis aux députés de la majorité que "l'an II sera un grand cru", devra notamment composer avec son homologue du Sénat Gérard Larcher (LR) sur ce dossier.

Effet domino oblige, les man?uvres en coulisses sont aussi lancées pour la présidence du groupe majoritaire, qui suscite "des vocations de partout", dixit un élu LREM. Le vote aura lieu en réunion de groupe mardi.

Pour l'heure, seule Laetitia Avia s'est déclarée, mais sont aussi cités les noms de Gilles Le Gendre, Aurore Bergé (ex-LR) et Gabriel Attal, ou encore Brigitte Bourguignon (ex-PS).

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