La Centrafrique en proie aux violences depuis la chute de Bozizé

Publié le à Bangui (AFP)

La Centrafrique, où un accord a été signé lundi entre gouvernement et 13 groupes armés, a basculé en 2013 dans la violence avec le renversement de François Bozizé par les rebelles à majorité musulmane de la Séléka, suscitant une contre-offensive de milices chrétiennes, les anti-Balaka.

Si le niveau des violences n'est plus celui de 2013, 50 à 60% du pays restent sous le contrôle des groupes armés.

- Violences Séléka/anti-Balaka -

Le 24 mars 2013, les rebelles de la Séléka prennent Bangui, chassant François Bozizé, au pouvoir depuis dix ans. Leur chef, Michel Djotodia, s'autoproclame président.

Début septembre, de violents affrontements entre ex-rebelles de la Séléka et groupes d'autodéfense -- chrétiens comme la très grande majorité de la population -- autour de Bossangoa (nord-ouest) font une centaine de morts.

Des milices chrétiennes d'autodéfense, les "anti-Balaka", se sont créées en réaction aux exactions commises contre la population par les ex-Séléka depuis leur prise du pouvoir.

- La France lance Sangaris -

Le 5 décembre 2013, une explosion de haine embrase Bangui: des miliciens anti-Balaka (littéralement antimachettes), infiltrés dans la capitale, lancent une vaste offensive, massacrant de nombreux civils musulmans et entraînant des représailles sanglantes de la Séléka contre la population.

La France, intervenue plusieurs fois déjà dans son ancienne colonie depuis son indépendance en 1960, lance l'opération Sangaris pour restaurer la sécurité, après un mandat de l'ONU.

- Djotodia démissionne -

Le 10 janvier 2014, Michel Djotodia, accusé de passivité face aux violences, démissionne sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale et de la France. Le 20 janvier, la maire de Bangui, Catherine Samba Panza, est élue présidente de transition par le Parlement provisoire.

Le 15 septembre, la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca, 12.500 hommes actuellement) prend le relais de la force africaine Misca.

Le 8 janvier 2015, une commission de l'ONU conclut que les deux camps ont commis des crimes contre l'humanité, y compris un "nettoyage ethnique", mais que l'intervention internationale a évité un génocide. La commission estime que le conflit a fait "des milliers de morts", sans doute plus de 6.000.

Les 29-30 novembre, le pape François effectue une visite à Bangui.

- Processus électoral -

Les 13 et 14 décembre 2015, les Centrafricains approuvent lors d'un référendum une nouvelle Constitution, qui prévoit la proclamation d'une 6e République, une limite du mandat présidentiel à deux exercices, la formation d'une Haute cour de justice et des dispositifs de lutte contre la corruption et de mise à l'écart des bandes armées.

Le 14 février 2016, l'ex-Premier ministre Faustin-Archange Touadéra est élu président au second tour de la présidentielle (62,69%).

Le 31 octobre, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, proclame officiellement à Bangui la fin de trois ans d'opération Sangaris.

- Regain de violences -

Le 9 juin 2017, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, se déclare "préoccupé par l'instabilité généralisée", après des affrontements qui ont fait une centaine de morts en mai à Bangassou, Alindao et Bria, dans le centre du pays. Six Casques bleus sont tués mi-mai à Bangassou et sa région.

"Les affrontements prennent de plus en plus une connotation religieuse et ethnique, s'alarme de son côté le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Plus de la moitié des Centrafricains, soit 2,2 millions de personnes, ont besoin d'aide ou sont dans une situation d'insécurité alimentaire, selon le représentant spécial de l'ONU.

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