La France lance son programme de frégates intermédiaires

Publié le à Paris, 21 avr 2017 (AFP)

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a lancé le programme de développement et de production des frégates de taille intermédiaire (FTI), dont le premier exemplaire sera livré à la Marine nationale en 2023, a annoncé vendredi la Défense.

Au total, cinq frégates de classe "Belharra" (nom d'un vague réputée chez les surfeurs au Pays basque) seront livrées à la Marine entre l'automne 2023 et 2029, a-t-on précisé dans l'entourage du ministre. La première entrera au service actif dès 2025, la dernière en 2030.

Ces bâtiments de 4.000 tonnes - d'un tonnage comparable à la frégate La Fayette - offriront un milieu de gamme entre les corvettes GoWind (2.500 tonnes) et les Frégates multimissions (FREMM, 6.000 tonnes).

"La réalisation des cinq frégates (..) permettra à la France de disposer d'un bâtiment complémentaire de la FREMM et embarquant de nombreuses technologies innovantes notamment dans le domaine de la détection", s'est félicité Jean-Yves Le Drian dans un communiqué.

Le marché sera notifié vendredi au constructeur naval militaire français DCNS qui réalisera les navires sur son site de Lorient (Morbihan).

Le programme, y compris les coûts de développement, s'élève à environ 4 milliards d'euros pour les cinq bâtiments, a-t-on indiqué de source proche du dossier.

Les cinq FTI seront équipées d'un radar couvrant en permanence 360 degrés, une des innovations les plus coûteuses du programme, conçu par l'entreprise aéronautique Thales, et d'une protection cyber des systèmes de commandement et de combat.

"L'enjeu du programme FTI représente pour Thales environ 600 millions d'euros, dont 400 millions d'euros de prises de commandes pour l'année 2017", selon des sources proches du dossier.

Dans un communiqué, Thales a précisé qu'il fournirait également un système de détection sous-marine et un système de guerre électronique entre autres.

La France espère amortir l'investissement à l'export, un marché prometteur sur le segment des 4.000 tonnes où elle vise la vente d'une trentaine de FTI, ajoute-t-on de même source.

Avec la FTI, elle offrira une navire plus ramassé, plus facile à gérer et moins coûteux que la FREMM, donc plus susceptible de trouver preneur.

La FTI destinée à la Marine nationale, plus complexe, coûtera 500 millions d'euros, précise-t-on de même source. A l'export, "on aura des versions avec un peu moins de fonctionnalités aux environs de 350 millions d'euros, soit des gammes de prix qui rentrent assez bien dans le marché", relève-t-on.

La France vise ses marchés traditionnels comme l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l'Inde mais aussi l'Amérique latine avec des pays tels le Pérou, le Brésil où ils existe une grosse demande sur ce segment intermédiaire, poursuit-on de même source.

Ce contrat permettra aux forces françaises de disposer de 15 frégates de premier rang à l'horizon 2030, soit huit FREMM, cinq FTI et deux frégates de défense aérienne Horizon.

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Thales

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