La victoire aux législatives se dessine pour le président argentin

Publié le à Buenos Aires (AFP)

La coalition du président de centre-droit Mauricio Macri était en passe de remporter dimanche les législatives de mi-mandat, d'après les sondages à la sortie des urnes, l'ex-présidente Cristina Kirchner décrochant quant à elle un siège de sénatrice.

Le succès permettra à Cambiemos (Changeons), la coalition gouvernementale, de renforcer sa présence au Parlement.

Les sondages réalisés à la sortie des urnes attribuent à Cambiemos la victoire dans les cinq principales provinces du pays, qui rassemblent 70% des électeurs. Dans les provinces de Buenos Aires et Santa Fe, l'avance est cependant faible.

"Les Argentins ont pu s'exprimer lors de cette journée démocratique, sans incident. Nous attendons les résultats", a déclaré le chef du gouvernement Marcos Peña lors d'une conférence de presse, sans divulguer de tendance.

- 'Position de force' -

Si le résultat des sondages se confirme, "le succès permettra au président de négocier avec les gouverneurs (de l'opposition) et les syndicats en position de force", souligne le politologue Rosendo Fraga.

D'après ces premières estimations, la deuxième force est Unité citoyenne, le parti de l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner, et ses alliés. Élue sénatrice, Mme Kirchner, inculpée dans plusieurs affaires de corruption, bénéficiera d'une immunité parlementaire.

Les premiers résultats officiels étaient attendus à partir de 21h00 (lundi 00h00 GMT). La participation, de 78% dimanche, est généralement forte en Argentine car le vote est obligatoire.

Depuis son élection voici deux ans, Mauricio Macri a libéralisé la troisième économie d'Amérique latine. Les résultats ont tardé à se matérialiser, mais la croissance est repartie cette année: 1,6% au premier semestre et un pronostic de +3% pour 2017.

Les entreprises étrangères souhaitant effectuer d'éventuels investissements en Argentine observent le scrutin avec intérêt. Certaines les avaient retardés afin de suivre l'évolution politique. Une victoire de Macri est de nature à rassurer ceux qui craignent un retour de Kirchner au pouvoir.

Dimanche, la moitié des sièges de la Chambre des députés et un tiers du Sénat sont renouvelés.

- Rejet de Kirchner -

La coalition de centre-droit Cambiemos (Changeons), au pouvoir depuis décembre 2015, ne dispose actuellement que d'une majorité relative (87 sièges de députés sur 254, 15 sur 72 au Sénat), mais a réussi à gouverner en scellant des alliances ponctuelles.

Alors que dans certains pays, le président en exercice reste en retrait des campagnes électorales, Mauricio Macri a mis tout son poids dans la bataille pour augmenter l'emprise de Cambiemos au Parlement.

"J'ai voté pour les candidats du gouvernement, je suis loin d'être convaincu, mais j'avais voté Macri en 2015. Le plus important c'est que Kirchner ne revienne pas", a déclaré à l'AFP Sergio Peroti, un instituteur de 48 ans, après avoir voté dans une école de la capitale.

En 2015, l'ex-présidente ne pouvait pas briguer un troisième mandat consécutif et n'avait pas postulé pour un siège de parlementaire.

L'immunité parlementaire assortie au mandat de sénateur ou de député permet de ne pas être emprisonné en cas de condamnation.

Si Mme Kirchner n'est pour l'instant qu'inculpée, depuis un an et demi plusieurs de ses proches ont été emprisonnés, dont l'homme d'affaire Lazaro Baez et un ancien membre du gouvernement, José Lopez. Le premier pour favoritisme et le second après avoir été surpris avec 9 millions de dollars en liquide qu'il tentait de dissimuler dans un couvent.

D'après les sondages, Mme Kirchner devrait récolter environ un tiers des suffrages dans la province clé de Buenos Aires, où sont concentrés près de 40% des électeurs, mais le rejet dont elle fait l'objet reste majoritaire.

"Cristina Kirchner ne pourra jamais plus être présidente", assurait avant le scrutin le politologue Jorge Giacobbe, en référence à la présidentielle de 2019.

Mme Kirchner, lors d'une campagne assez discrète, a appelé les électeurs à "mettre un frein" à l'action du gouvernement, qui a réduit les subventions aux factures d'électricité, eau et gaz, aux transports en commun.

Pour sa part, Macri exhorte ses compatriotes à tirer un trait sur la gestion des Kirchner, qui ont dirigé le pays de 2003 à 2015, au sortir de la crise économique de 2001.

Il s'est montré confiant dimanche: "C'est vraiment beau que nous allions tous voter pour décider dans quelle Argentine nous voulons vivre", a-t-il déclaré en déposant son bulletin.

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