Le choix Castaner pour diriger LREM oblige Macron à un mini-remaniement mardi

Publié le à Paris (AFP)

Emmanuel Macron annoncera mardi un mini-remaniement pour remplacer Christophe Castaner, devenu chef de La République en marche, en nommant un nouveau porte-parole du gouvernement et en décidant ou non son maintien au poste de secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement.

Le remaniement sera annoncé "demain dans la journée", a déclaré lundi soir sur LCI Christophe Castaner, toujours porte-parole du gouvernement. Il s'agira du second remaniement après celui de juin qui avait vu partir François Bayrou, Richard Ferrand, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard.

Christophe Castaner a déjà reconnu implicitement qu'il ne serait plus porte-parole, poste qui devrait revenir à Benjamin Griveaux ou Julien Denormandie, deux proches du chef de l'Etat. Le suspense semblait entier lundi soir entre ces deux secrétaires d'Etat, chacun étant soutenu par des membres de l'entourage d'Emmanuel Macron, selon des sources proches du dossier.

Quant à son maintien au poste de secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, en même temps que la direction du parti présidentiel, Christophe Castaner n'a cessé de répéter qu'il estimait ce cumul possible. "Faire de la politique" quand on est ministre "ce n'est pas un gros mot", a-t-il réaffirmé lundi matin.

Cette solution, rare sous la Ve République, pourrait être finalement le choix de l'ELysée, selon une source proche du président. Les deux hommes pressentis pour être porte-parole ainsi que des responsables de La République En Marche ont d'ailleurs défendu cette position ce week-end, relevant que le rôle de chef de LREM était bénévole.

Benjamin Griveaux a considéré qu'il n'était "pas incompatible de pouvoir mener de front le travail avec le Parlement". Même avis de son collègue Julien Denormandie : "Etre délégué général d'un mouvement, c'est une fonction qui n'est pas rémunérée. Vous devez avoir un autre métier à côté. Moi, à titre personnel, je pense qu'il peut concilier les deux", a-t-il dit.

"Le poste de délégué général, ce n'est pas un poste, c'est un engagement, et donc ça ne l'oblige pas à démissionner de son poste au gouvernement", a abondé la députée LREM Marie Lebec.

- 'En marche arrière'? -

En revanche Astrid Panosyan, membre de la direction provisoire de LREM, a jugé qu'un tel cumul posait "un problème". "Comment ferait-on la part des choses entre ce qu'il dirait en tant que ministre et en tant que délégué général de LREM ? (...) Nous courons le risque de perdre en impact et en efficacité", a-t-elle déclaré à L'Obs.

"Voilà que le président Macron, qui rejetait les grands partis quand il était candidat, a transformé son mouvement en parti avec les vieilles méthodes : désignation de Castaner à main levée par le Conseil national, adhérents évincés, cooptation entre amis? C'est la démocratie en marche arrière!" , a critiqué pour sa part Brigitte Kuster, porte-parole de LR.

Pour les analystes, un tel cumul enverrait un mauvais signal. "Ceux qui sont montés au créneau pour défendre le maintien de Christophe Castaner au gouvernement soulignent que le poste est bénévole et qu'il faut qu'il gagne sa vie", s'est étonné le politologue du Cevipof Bruno Cautrès.

"Comme s'il s'agissait de positiver sur le fait que la fonction de délégué général d'En marche est bénévole, et que s'il était rémunéré il ne resterait pas au gouvernement. Or il peut redevenir député et serait pleinement dans son rôle pour être chef d'un parti", a-t-il jugé. "Un ministre parle au nom de l?intérêt général et un chef de parti au nom d'un intérêt partisan. Que la même personne tienne ces deux discours n'est pas évident", a-t-il ajouté.

"Le choix de Castaner à la tête de LREM est surprenant à deux titres. D'abord parce qu'il était un excellent porte-parole, qui jouait sur une image de proximité, plus populaire et plus à gauche que l?exécutif", commente pour a part Philippe Moreau-Chevrolet, expert en communication politique.

"Ensuite parce que sa nomination donne un coup de vieux à En Marche. Le fait qu?il n?ait pas été élu, qu?on explique qu?il va demeurer ministre pour pouvoir être payé, qu?il vienne du PS à la base, que ce soit un homme, tout cela n?est pas moderne, ne correspond pas à En Marche. Ce qui menace LREM de devenir un parti comme les autres", a-t-il aussi estimé.

© 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.