Le Nigeria lance les opérations pour le retour des habitants chassés par Boko Haram

Publié le à Abuja (AFP)

Le Nigeria, qui a promis de mettre fin rapidement à la rébellion du groupe islamiste Boko Haram, se fixe comme objectif que les deux millions de personnes déplacées à cause du conflit commencent à rentrer chez elles l'an prochain.

Le président Muhammadu Buhari a déclaré que les retours débuteraient "pour de bon" en 2016 et que son gouvernement ferait "tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter le retour rapide et la réinstallation des déplacés".

Le gouvernement et l'armée affirment être en mesure de mettre hors d'état de nuire les islamistes d'ici fin décembre, ce dont doutent fortement les observateurs, alors que les attaques et les attentats de Boko Haram se poursuivent, visant particulièrement les civils.

Abuja admet cependant que la reconstruction des infrastructures constitue un défi : maisons, bureaux, écoles, hôpitaux, centrales électriques, système d'eau potable, les destructions sont immenses après six ans de combats dans le nord-est du Nigeria, le foyer de l'insurrection.

Le ministre de l'Information Lai Mohammed l'a reconnu cette semaine, après une visite dans la ville martyre de Bama, dans l'Etat de Borno, s'avouant "stupéfait de l'ampleur de la dévastation". "Pas un seul bâtiment n'a été épargné par les terroristes", a-t-il confié à des journalistes mardi.

Un journaliste de l'AFP s'était rendu à Bama en mars, après que l'armée eut repris la ville située à 70 km au sud-est de Maiduguri, la capitale de l'Etat. Les rues étaient jonchées de cadavres en décomposition et les maisons calcinées.

Selon M. Mohammed, le "nettoyage" de Bama est en cours, ainsi que des localités voisines de Konduga et Kaure, et la construction d'un millier de maisons devrait débuter début janvier.

D'après Babagana Umara, le ministre de la Reconstruction, de la Réhabilitation et de la Réinstallation à Borno - un portefeuille nouvellement créé - 17 districts de cet Etat sont complètement désertés.

Les opérations de reconstruction ont aussi commencé à Benisheik, Mafa et Gwoza, la ville où Boko Haram avait proclamé un califat l'an dernier.

"C'est la première phase de la reconstruction", "c'est un défi énorme", a déclaré le ministre à l'AFP. "Rien que pour la reconstruction de Bama il faut 40 milliards de nairas (180 millions d'euros), une somme bien supérieure aux capacités du gouvernement de l'Etat" de Borno.

Quant au budget de l'Etat fédéral, alimenté à 70% par les exportations de pétrole, il est lui-même affecté par la chute des cours.

- Faire plus que reconstruire -

Mais pour faire revivre les régions dévastées par Boko Haram, il faudra faire plus que reconstruire des maisons.

Selon l'ONU, environ 1100 écoles ont été détruites dans la région du Lac Tchad, frontière commune au Nigeria, au Tchad, au Niger et au Cameroun, tous touchés par les attaques des islamistes.

Six cents professeurs ont été tués depuis 2009 et 19.000 ont fui la région, déjà déshéritée et manquant de personnel qualifié, selon le syndicat national des enseignants du Nigeria.

Selon tous les experts, la pauvreté, l'analphabétisme et l'absence de perspective dans le nord-est du Nigeria pousse de nombreux jeunes sans espoir à embrasser la cause islamiste. La fermeture des écoles risque de renforcer le phénomène.

Les services de santé sont eux aussi en triste état, de nombreux médecins ayant fui, et les chiffres de mortalité maternelle et infantile ont encore augmenté.

Même l'approvisionnement en vivres est impossible dans certains endroits, comme le nord de l'Etat d'Adamawa, routes et ponts ayant été détruits, selon des déplacés qui y sont retournés. Dans ces régions essentiellement agricoles, les paysans ont manqué la saison des semailles et les champs sont parsemés de mines.

Enfin, malgré les proclamations victorieuses de l'armée, la sécurité reste un problème majeur, jusque dans les camps de réfugiés, où des kamikazes de Boko Haram ont perpétré plusieurs attentats-suicides.

Cette semaine, les rebelles islamistes ont encore rasé deux villages dans l'Etat de Borno, dont celui de la mère du chef d'état-major de l'armée nigériane Tukur Yusuf Buratai, sans doute visé délibérément.

Le conflit a fait au total 17.000 morts et 2,6 millions de déplacés et réfugiés depuis 2009.

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