Les anti-Macron dans la rue pour une "marée populaire" à travers la France

Publié le à Paris (AFP)

Des milliers de personnes ont commencé samedi à manifester dans les rues de Paris et en province avec l'espoir de former une "marée populaire" contre la politique d'Emmanuel Macron, qui répond par avance que "ça ne l'arrêtera pas".

Cette "super fête à Macron", dixit Jean-Luc Mélenchon, est organisée à l'appel inédit d'une soixantaine de syndicats (CGT, Solidaires, Sud PTT, Unef...), partis politiques (La France insoumise, PCF, EELV, Générations, NPA...) et associations ( Attac, Amis de la terre, Les Mouvement de la paix...).

Ils espèrent réunir des dizaines de milliers de manifestants "pour une autre politique sociale car la politique pour les riches ça suffit!", a déclaré Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.

A Paris, la manifestation, sans carré de tête peut-être pour éviter de heurter les susceptibilités, s'est mise en branle en début d'après-midi devant la Gare de l'Est. Elle se dirige vers Bastille, en passant par République.

Le comité Adama, formé en mémoire d'Adama Traoré mort par asphyxie en 2016 lors d'une interpellation, s'est placé en amont avec dans ses rangs l'écrivain Edouard Louis, derrière une banderole dénonçant notamment les "crimes policiers" et la "gestion coloniale des quartiers".

"On sera des centaines de milliers, vous verrez", a assuré le député LFI Eric Coquerel, appelant à mélanger "l'esprit festif" à "l'esprit combatif".

Dans le cortège se mêlaient salariés d'Air France ou d'Aéroports de Paris, retraités, chercheurs, hospitaliers...

La préfecture de police a fait part de 24 interpellations avant le début de la manifestation.

- "Ras-le-bol général" -

"Il était un petit Macron, il était un petit Macron, qui n'avait ja-ja-jamais galéré?", a chanté à Grenoble le cortège de manifestants (1.900 selon la police). "Faisons dérailler le gouvernement", pouvait-on y lire sur une banderole. "On vient pour exprimer un ras-le-bol général", expliquait Hugo, bibliothécaire de 28 ans, "le service public est en déliquescence, les hôpitaux disparaissent, la culture aussi".

À Lyon, dans une ambiance de guinguette et avec 1.200 personnes selon la police, une jeune "postière" a invité les manifestants à écrire des cartes postales au président de la République. "Ce mouvement peut servir à enraciner les convictions des gens. Mais (...) que le président change d'opinion, faut pas rêver", a lâché à l'AFP Thierry Soulard, ancien magistrat.

A l'inverse de la CGT, l'Unsa, la CFDT et FO ont refusé de participer aux défilés samedi, comme le PS.

"Il y a un moment social qu'il faut respecter. Et puis il y aura un moment politique (...) A trop vouloir confondre les moments, à trop faire craindre le risque de récupération, on n'aide pas le mouvement social", justifie Olivier Faure, Premier secrétaire du PS. "Nous ne faisons jamais de politique (...) nous restons sur un champ syndical", justifie Pascal Pavageau, nouveau patron de FO.

- "vaincre la résignation" -

"Aujourd'hui c'est l'heure de la #MareePopulaire en France. Unis, nous marchons pour le droit au service public contre le monde des riches et de leur président", a tweeté M. Mélenchon, qui a commencé à manifester en début d'après-midi à Marseille. "Il faut que les gens se prouvent à eux-mêmes qu'ils sont en nombre, en force. Ils en ont besoin pour vaincre la peur, la résignation, le sentiment d'être isolé et perdu", a-t-il déclaré dans un entretien fleuve à Libération.

Que Jean-Luc Mélenchon promette "une marée humaine, ça ne nous arrête pas", a cinglé vendredi Emmanuel Macron depuis Saint-Pétersbourg.

"J'écoute les gens en permanence" mais "ça ne veut pas dire être la girouette de l'opinion publique et donc j'assume de ne pas présider à la lumière des sondages ou des manifestations parce qu'on l'a trop fait", a ajouté le président, assurant que "ceux qui veulent manifester pour bloquer le pays" "ne le bloqueront pas".

Pour le numéro un communiste Pierre Laurent, présent à Paris, "la colère sociale est en train de monter" face à un pouvoir "qui n'écoute personne dans un système monarchique".

"J'espère qu'il y aura une belle marée populaire" contre les "1.000 couteaux brandis par Emmanuel Macron contre nos services publics, contre les solidarités, contre ce qui faisait en France qu'on faisait encore société", a souhaité Benoît Hamon, fondateur du mouvement Générations.

Pour Olivier Besancenot (NPA), "on va apprendre à M. Macron à ravaler son arrogance".

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