Les sondes Pitot, un élément clef pour l'équilibre en vol des avions

Publié le à Paris (AFP)

Les sondes Pitot, dont le givrage pourrait être selon Moscou à l'origine du crash d'un Antonov russe dimanche, permettent aux pilotes de contrôler la vitesse de leur appareil, un élément crucial pour son équilibre en vol.

Appelées aussi "tubes de Pitot", ces sondes ont la forme de petites prises d'air placées sur le nez de l'appareil ou sous les ailes.

Nées au XVIIIe siècle des recherches du physicien français Henri Pitot, ces sondes, qui sont au nombre de trois sur chaque appareil, permettent de mesurer la pression subie par l'avion pour en déduire sa vitesse. Celle-ci s'affiche sur l'anémomètre, l'un des cadrans du poste de pilotage.

Si ces sondes sont encrassées par du givre ou des débris, une mesure incorrecte de vitesse peut être fournie aux pilotes. Ceci risque d'entraîner un décrochage de l'appareil s'il vole trop lentement, ou une déformation de l'avion s'il va trop vite.

Pour préserver ces sondes des conditions atmosphériques extrêmes rencontrées en vol, les ingénieurs les ont dotées d'une forme permettant d'éviter l'accumulation d'eau. Elles sont aussi réchauffées pour éviter la formation de glace.

Elles sont en outre conçues de telle manière que, même si un des calculateurs ne fonctionne plus, les autres ne devraient pas être affectés.

Selon le comité intergouvernemental d'aviation (MAK), organisme chargé d'enquêter sur les accidents aériens en Russie, le crash de l'Antonov "peut s'expliquer par des données incorrectes sur la vitesse du vol" reçues par les pilotes, "apparemment liées au givrage de sondes Pitot dont le système de chauffage était éteint".

Ces sondes s'étaient avérées défectueuses sur le vol Air France Rio-Paris accidenté le 1er juin 2009.

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français avait demandé un changement des normes de certification, et l'Agence européenne de sûreté aérienne (AESA) avait ordonné le remplacement des sondes Pitot du groupe français Thales de type ancien (AA), celui qui équipait l'avion accidenté d'Air France.

Parmi les autres fabricants de sondes Pitot figure notamment le groupe américain Goodrich.

Des recherches sont menées au plan international avec des campagnes d'essais pour mieux comprendre le phénomène de ces petits cristaux de glace -leur forme, leur taille- qui s'accumulent et bouchent le tube Pitot, faire évoluer les sondes et leurs systèmes de chauffage ainsi que les normes de certification et savoir où et comment se développent ces phénomènes atmosphériques.

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