Loin des tumultes d'Athènes, la diaspora grecque dans l'angoisse

Publié le à Berlin (AFP)

La maison aux volets bleus sur l'île de Naxos a peut-être été abandonnée pour un pavillon à Chicago, Melbourne ou Berlin, mais les millions de Grecs émigrés autour du globe s'inquiètent de l'avenir de leur pays d'origine qu'ils veulent garder dans l'Europe.

"Avant je me sentais privilégié d'être venu en Allemagne, je n'avais pas à vivre avec la crise au quotidien", explique à l'AFP le Grec Yannis Sarakatsanis, expert informatique installé depuis trois ans à Munich. "Maintenant j'y pense dès le réveil".

"Maintenant", c'est depuis l'annonce de la fermeture forcée des banques en Grèce et "toutes ces mauvaises nouvelles" distillées à la radio ou sur internet.

Inquiète, la diaspora grecque téléphone tous azimuts aux vieux parents restés au pays pour s'enquérir de la réalité des files d'attente aux distributeurs de billets, des stations service prises d'assaut, des rayons riz-pâtes-féculents dévalisés dans les supermarchés.

Le portable collé à l'oreille, le Berlinois Thanos Pasoglou évoque avec sa mère qui vit à Thessalonique les 2.000 euros d'économies que la vieille dame a retirés in extremis de son compte. "Que les banques soient fermées ou pas, ça ne change plus rien, ma mère a récupéré tout le pécule qu'elle avait", explique cet enseignant de grec moderne.

"Ce sont les anciens qui sont le plus inquiets pour leur pays", reprend M. Sarakatsanis. "Ils ont vécu la guerre civile, la dictature des colonels et maintenant ils ne peuvent plus toucher leur maigre retraite".

"On reste en contact quotidiennement", raconte également Maria Melidis, qui tient une boulangerie dans "la petite Grèce", un quartier de Chicago où vit une partie de la communauté implantée aux Etats-Unis, la plus importante dans le monde. "C'est très dur car nous souffrons avec eux".

- 6,5 millions sur cinq continents -

Terre d'émigration, la Grèce compte moins de 11 millions d'habitants mais une diaspora de 6,5 millions de personnes réparties sur les cinq continents. Melbourne se revendique ainsi plus grande ville grecque après Athènes et Thessalonique.

Mais même quand les chemins de la vie les ont conduits à Sydney ou Vienne, les Grecs gardent un attachement viscéral à leur village ou leur île natals.

L'intérêt pour les soubresauts de l'actualité du pays est encore plus fort parmi les Grecs poussés récemment par la flambée du chômage vers les marchés du travail allemand ou britannique.

L'ambassade de Grèce en Allemagne estime à plus de 120.000 le nombre de jeunes Grecs qui ont posé leurs valises, souvent pleines de diplômes, à Berlin ou Stuttgart depuis le début de la crise.

Beaucoup plus politisés que les émigrés grecs de longue date, ils évoquent aussi leur sentiment d'impuissance alors qu'ils ne peuvent pas voter au référendum de dimanche. La Grèce n'autorise pas le vote de l'étranger. "Le pire, c'est qu'on ne peut rien faire de l'étranger", mugit par exemple Serge Karboulonis, étudiant en communication à Paris et très opposé au gouvernement grec d'Alexis Tsipras. "On a le sentiment d'être entrés en guerre" depuis l'annonce du référendum, selon lui.

"Ce que je vois, c'est une opposition d'idéologie de plus en plus complexe, qui se raidit de plus en plus" en Grèce, souligne Theo Koutsaftis, 22 ans, lui aussi "exilé" en France.

A 13.000 km de là, en Australie, on dresse le même constat. "Les Grecs australiens sont aussi divisés que là-bas", juge le président de la communauté grecque orthodoxe de la région de Sydney, Harry Danalis. Il évoque aussi le ras-le-bol "de la classe politique grecque de ces 30 ou 40 dernières années", accusée d'avoir précipitée la Grèce dans l'abîme.

Ceux pour qui l'appartenance de la Grèce à l'Europe est une évidence attendent maintenant avec anxiété le référendum de dimanche. "Ma crainte, c'est que les gens se laissent guider par leurs sentiments et pas par la raison" dans leur vote, redoute Apostolos Benisis, développeur de logiciels à Berlin. "Ce qui est une bonne chose après tout, parce que on ne doit pas décider seulement de manière rationnelle. Moi, mon coeur est en Europe, il l'a toujours été".

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