Lourde perte annuelle pour Thyssenkrupp, en pleine réorganisation

Publié le à Francfort, 23 nov 2017 (AFP)

L'industriel et sidérurgiste allemand Thyssenkrupp, en pleine transformation, a dévoilé jeudi son bilan annuel décalé 2016/2017, marqué, comme escompté, par une lourde perte nette liée à la cession de son aciérie brésilienne CSA.

Sur l'exercice achevé fin septembre, le groupe a enregistré une perte nette de 649 millions d'euros, due à une dépréciation de 900 millions d'euros de la valeur de CSA, vendue au groupe argentin Ternium.

Thyssenkrupp avait prévenu en mai qu'il glisserait dans le rouge en raison de ce facteur exceptionnel. Les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset tablaient sur une perte nette moins prononcée, de 554 millions d'euros, après un bénéfice net de 296 millions d'euros un an plus tôt.

La cession de l'usine brésilienne, un foyer de pertes pour le groupe, s'intègre dans la stratégie poursuivie par Thyssenkrupp qui entend donner plus de poids à la fabrication de biens industriels et aux activités de services.

Outre l'acier, l'entreprise fabrique aussi des ascenseurs, sa plus importante source de bénéfices, des sous-marins, des composants automobiles, et propose des installations industrielles clé en main.

Côté recettes, le groupe a dépassé les attentes avec un chiffre d'affaires en hausse de 9% sur un an, à près de 43 milliards d'euros. Sur cette période, les entrées de commandes ont bondi de 18%, tirées en particulier par la demande pour ses ascenseurs et ses composants destinés à l'industrie.

A l'échelon opérationnel, le résultat (Ebit) a progressé de 30% à 1,9 milliard d'euros, nettement plus qu'attendu par les analystes (1,5 milliard d'euros).

"L'exercice écoulé a été une année de décisions importantes", a souligné le patron Heinrich Hiesinger, cité dans le communiqué. "Avec la vente de l'aciérie brésilienne CSA et l'accord de principe portant sur une co-entreprise avec les activités européennes de Tata Steel, nous avons clarifié notre stratégie", a-t-il affirmé.

Face à la déferlante d'acier chinois, l'allemand et l'indien Tata ont en effet annoncé fin septembre vouloir rapprocher leurs activités pour former le numéro deux de l'acier européen derrière ArcelorMittal, un projet qui prévoit 4.000 suppressions de postes.

M. Hiesinger, qui présentera les résultats annuels de Thyssenkrupp lors d'une conférence de presse à Essen - ouest) à partir de 09H00 GMT, n'a pas donné plus d'informations sur l'avancée de ce projet avec Tata.

A l'appel du syndicat de la métallurgie IG Metall, une manifestation de salariés inquiets pour leur avenir est prévue dans la matinée sur le site rhénan d'Andernach.

Le groupe va proposer le même dividende que pour l'exercice 2015/2016, soit 15 centimes d'euro par action.

Il vise pour l'exercice en cours (2017/2018) un bénéfice d'exploitation Ebit des activités poursuivies compris entre 1,8 et 2 milliards d'euros, à comparer avec 1,72 milliard d'euros dégagé en 2016/2017, et table sur un bénéfice net "nettement positif" et supérieur à celui de l'exercice antérieur (271 millions d'euros pour les activités conservées).

esp/ggy

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