Mouvement contre l'écotaxe: nouvelle démonstration de force des routiers

Publié le à Paris (AFP)

Les chauffeurs routiers ont réussi samedi leur journée d'actions contre l'écotaxe, mobilisant plusieurs milliers de camions dont les barrages filtrants ont provoqué des ralentissements sur plusieurs grands axes de circulation.

Après 17H, à la tombée de la nuit, les premiers points de blocages commençaient à être levés, a indiqué à l'AFP l'organisation patronale OTRE à l'origine du mouvement, qui demande l'annulation de l'écotaxe et pas seulement son report.

La fédération indique avoir recensé 26 "cortèges" de camions, avec un total de 4.500 véhicules mobilisés. Elle affirme en outre que d'autres collectifs de routiers ont également mené de leur côté 21 actions, qui auraient rassemblé entre 2.000 et 3.000 camions.

De son côté, le ministère de l'Intérieur a également recensé un total de "47 points d'action" des chauffeurs routiers, mais fait état de 2.200 camions impliqués.

"Nous sommes très satisfaits de cette mobilisation, c'est plus qu'il y a quinze jours", journée précédente de mobilisation où 4.000 poids-lourds avaient été recensés selon les organisateurs, 2.000 selon la police, a résumé à l'AFP Gilles Mathelié-Guinlet, délégué général de l'OTRE.

"Notre mouvement a fait des petits, des collectifs spontanés, c'est désormais toute la profession qui manifeste, l'ensemble des PME et pas juste l'OTRE. Et cela, le gouvernement doit l'entendre. Nous allons voir comment il réagit, nous attendons son retour pour voir s'il a compris le message", a-t-il ajouté, sans se prononcer sur la suite du mouvement à ce stade.

Vers 17H, les premiers barrages filtrants ont commencé à être levé, en Lorraine et en Ile-de-France notamment. La fédération souhaitait en effet lever les blocages à la tombée de la nuit pour éviter d'éventuels débordements" de la part des chauffeurs de camions, étrangers notamment, qui ont été immobilisés par le mouvement, a précisé un porte-parole.

Dans son point situation de 16H30, le Centre national d'informations routières (CNIR) fait état d'un "cumul de bouchons de 36 km en Ile-de-France et de 28 km en province, ce qui correspond à la moyenne habituelle", tient-il à préciser.

Camions étrangers bloqués

Mais le CNIR confirme également la levée de certains barrages qui avaient provoqué d'"importants ralentissements" tout au long de la journée, tels celui sur l'A1 et l'A4 en direction de Paris, et sur l'A4 direction province.

"Un retour progressif à la normale est en cours concernant les bouchons", précise-t-il, tout en continuant de rappeler que la préfecture de police "conseille vivement aux automobilistes de différer leurs déplacements et de privilégier les transports en commun, et notamment pour les poids-lourds de contourner les trois autoroutes impactées, à savoir A1, A4 et A6".

Dans la journée, la N9 est restée coupée pendant de longues heures dans les deux sens à hauteur de Vesoul en Haute-Saône.

Au niveau de plusieurs barrages filtrants, des camions en provenance de l'étranger ont été bloqués par les manifestants ou "stockés" par les autorités en amont de ces barrages.

"L'avantage, si je puis dire, avec les routiers, c'est qu'il n'y a pas besoin de beaucoup de monde pour mettre le bazar, et forcément cela a de l'impact", avait déclaré samedi matin le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, seul membre du gouvernement à s'être exprimé sur le sujet samedi.

"Je ne vais pas dire aujourd'hui que l'écotaxe c'est fini aujourd'hui, alors que c'est suspendu et transféré à une mission parlementaire. La suspension de l'écotaxe, c'était environ 900 millions d'euros en moins pour des travaux d'infrastructures. Si on ne prélève pas avec l'écotaxe, il faut trouver une autre recette", a-t-il souligné.

Les autres fédérations du secteur routier n'appellent pas leurs adhérents à manifester, certaines acceptant le principe de l'écotaxe tant qu'elle est compensée par une majoration forfaitaire de leurs prix.

Le calendrier de la mise en place de l'écotaxe "n'est pas arrêté", a rappelé Matignon vendredi.

La taxe, applicable sur les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur 15.000 km du réseau routier hors autoroutes, devait, avant sa suspension cet automne, entrer en vigueur début 2014 après plusieurs reports.

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