Rassemblement d'extrême droite aux Etats-Unis: un mort et une vingtaine de blessés

Publié le à Charlottesville (Etats-Unis) (AFP)

Des violences entre des partisans de l'extrême droite américaine et des contre-manifestants ont fait un mort et une vingtaine de blessés samedi à Charlottesville (Virginie), la réaction du président Donald Trump qui a renvoyé les deux camps dos à dos suscitant une controverse.

Une femme de 32 ans a été tuée lorsqu'une voiture a foncé, volontairement selon des témoins, dans une foule de contre-manifestants venus s'opposer à un rassemblement unitaire de la droite radicale américaine: néo-nazis, suprémacistes blancs, Ku Klux Klan (KKK) jusqu'à la droite alternative ou Alt Right, dont une partie au moins avait soutenu Donald Trump à l'élection présidentielle.

Par ailleurs, deux policiers sont morts dans l'accident de leur hélicoptère aux abords de la ville, sans qu'un lien ne soit établi entre cet accident et les violences.

Des affrontements entre manifestants des deux camps s'étaient multipliés avant le rassemblement de Charlottesville, finalement annulé par les autorités de cette petite ville historique de l'est des Etats-Unis.

Le président américain Donald Trump a condamné les violences de Charlottesville, sans se prononcer sur la responsabilité de l'un ou l'autre des camps en présence.

"Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties", a-t-il déclaré depuis son golf de Bedminster (New Jersey), où il passe ses vacances.

En semblant renvoyer dos à dos les deux camps, le président américain a provoqué l'indignation chez les Démocrates mais aussi un malaise chez les Républicains, son propre parti.

"La haine et la division doivent cesser, et elles doivent cesser immédiatement", a lancé le président. Interpellé par des journalistes, il a refusé de condamner spécifiquement les mouvements d'extrême droite.

La démocrate Hillary Clinton, battue par M. Trump à l'élection présidentielle de 2016, l'a critiqué sans le nommer. "Chaque minute où nous permettons à cela de se poursuivre par un encouragement tacite ou par inaction est une honte et un danger pour nos valeurs", a-t-elle tweeté.

Le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, est lui aussi intervenu sur Twitter. "Très important pour la nation d'entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu'ils sont, une attaque terroriste menée par des suprémacistes blancs".

- Obama cite Mandela -

L'ex-président Barack Obama est sorti de sa réserve en citant Nelson Mandela: "Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion".

Dans la soirée, le ministre de la Justice Jeff Sessions a dénoncé "l'intolérance raciale et la haine". Les violences de Charlottesville "trahissent nos valeurs fondamentales et ne peuvent être tolérées", a-t-il dit.

Le FBI, la police fédérale, a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances dans lesquelles la voiture a foncé sur la foule, tuant la jeune femme et blessant 19 autres personnes.

Le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue et la police traite les faits comme un "homicide criminel", a déclaré le chef de la police de Charlottesville, Al Thomas.

Selon la chaîne de télévision CNN, le suspect, James Alex Fields Jr, 20 ans, originaire de l'Ohio, a été inculpé de meurtre, de blessures et de délit de fuite.

"On marchait dans la rue quand une voiture, une berline noire ou grise, nous a foncé dessus, elle a percuté tout le monde. Puis elle a reculé et nous a encore heurtés", a déclaré un témoin à l'AFP.

"Une fille au sol a été mutilée. C'était volontaire, ils ont fait exprès de faire marche arrière", a raconté un autre homme qui avait assisté à la scène.

Trois autres personnes ont été arrêtées et inculpées.

L'annonce de ce rassemblement de mouvements d'extrême droite, qui voulaient dénoncer le projet de démontage de la statue d'un général sudiste et favorable à l'esclavage de la guerre de Sécession, suscitait les plus grandes inquiétudes.

Il se présentait comme l'un des plus importants de cette mouvance politique depuis au moins une décennie avec des centaines de participants, selon les organisations antiracistes.

Dès le début de la journée, de nombreux manifestants arboraient des armes semi-automatiques, comme le permet la loi en Virginie. Et devant de premières échauffourées très violentes, les autorités locales décrétaient l'état d'urgence et l'interdiction du rassemblement.

- Drapeaux confédérés et salut nazi -

De nombreux partisans de l'extrême droite brandissaient des drapeaux confédérés, que beaucoup d'Américains considèrent comme un symbole de racisme, et certains faisaient le salut nazi.

Les militants anti-racistes agitaient des drapeaux du mouvement Black Lives Matter (BLM), qui proteste régulièrement contre les décès de Noirs victimes d'usage excessif de la force par la police.

Ils scandaient des slogans comme "Nous disons non à la peur raciste" ou "Pas de nazis, pas de KKK, pas de fascistes aux USA".

La police a fait usage de gaz lacrymogènes, alors qu'un des contre-manifestants, battu à coups de bâton et de barres en métal, était abandonné baignant dans son sang.

En fin d'après-midi, le centre de Charlottesville était pratiquement désert à part une forte présence des forces de sécurité.

Dans la soirée, le gouverneur de Virginie a attaqué les groupes d'extrême droite. "J'ai un message pour tous les suprémacistes blancs et les nazis qui sont venus aujourd'hui à Charlottesville. Notre message est simple et clair. Rentrez chez vous. Vous n'êtes pas les bienvenus dans cette belle communauté", a-t-il dit.

© 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

Facebook

Galerie photos du jour

Ailleurs sur le web

Tweets des journalistes DH

Notre sélection d'annonces

NewsLetter

4,83€ Edition Web

Aller sur 4,83€ Edition Web

Votre horoscope du jour par Serge Ducas

Bélier

L’astre du jour entre dans votre secteur professionnel et vous offre l’opportunité de vous mettre en avant.

Taureau

Vous êtes plus investi en amour. Vous prenez des initiatives afin de rendre votre vie de couple plus constructive.

Gémeaux

Vous mettez l’accent sur les relations familiales. Vous avez besoin de vous rendre utile. Toutefois, ne vous imposez pas trop !

Cancer

Vous êtes discipliné, méthodique, très organisé. La rentrée approche et vous ne voulez rien manquer.

Lion

Votre situation financière s’améliore. Vous êtes en mesure de gagner davantage d’argent. Vous redressez la barre.

Vierge

Le Soleil entre pour un mois dans votre signe. Vous reprenez confiance en vous et allez de l’avant sans aucun complexe.

Balance

Vous restez en retrait, vous réfléchissez, vous entreprenez un grand nettoyage dans votre vie.

Scorpion

Un projet est relancé. On pourrait venir vous chercher après vous avoir fermé la porte au nez.

Sagittaire

Votre carrière reprend des couleurs. Vos entreprises sont florissantes. Vous avez confiance en vous.

Capricorne

Vous réfléchissez à reprendre des études. Il est question de l’apprentissage d’une langue.

Verseau

Ne sous-estimez pas un problème qui devient récurrent. Admettez votre part de responsabilité.

Poissons

Une somme d’argent se débloque après quelques incertitudes administratives.