Roumanie: gaz lacrymogènes et canon à eau pour disperser une manifestation d'expatriés

Publié le à Bucarest (AFP)

Les forces de l'ordre ont utilisé un canon à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs dizaines de milliers de Roumains, dont de nombreux expatriés, qui manifestaient vendredi à Bucarest contre le gouvernement de gauche.

Un millier de gendarmes et de policiers anti-émeute sont intervenus pour évacuer la place de la Victoire, théâtre d'échauffourées provoquées, selon la gendarmerie, par des "membres des galeries de clubs de football".

Près de 250 personnes ont dû être soignées pour avoir inhalé des gaz poivre et lacrymogènes, tandis qu'une dizaine de gendarmes ont été blessés par des jets de pierres et de bouteilles, selon les services d'urgence.

Le président de centre droit Klaus Iohannis a "fermement condamné l'intervention brutale de la gendarmerie, disproportionnée par rapport à l'attitude de la plupart des manifestants", précisant toutefois que "toute forme de violence est inacceptable".

"Le ministère de l'Intérieur doit s'expliquer sur la gestion des événements", a-t-il écrit sur son compte de Facebook.

Entre 50.000 et 80.000 personnes, selon les médias locaux, s'étaient rassemblées au centre de la capitale pour demander la démission du gouvernement, accusé de "corruption".

En voiture, en train ou en avion, des milliers d'entre elles étaient venues de plusieurs pays d'Europe, voire des Etats-Unis ou du Canada pour exprimer leur ras-de-bol envers l'"absence de progrès" dans leur pays natal.

- "Voleurs" -

"Démission", "Voleurs", "Nous ne cèderons pas", ont-elles scandé, brandissant des drapeaux de Roumanie et de leurs différents pays d'accueil.

Stefan et Ileana Anghel, la quarantaine, ont traversé en voiture l'Europe pour participer à cette manifestation.

"Malheureusement rien n'a changé en Roumanie. Nous aimerions voir des routes et des écoles modernes et surtout ne plus devoir payer des pots-de-vin à droite et à gauche", indique à l'AFP Ileana, qui travaille, comme son mari, dans l'agriculture dans la région d'Alicante en Espagne.

Vlad, 60 ans, et son épouse sont venus de New-York, où ils vivent depuis 30 ans, pour cette "fête de la diaspora".

"La corruption et le détournement de fonds au profit des gouvernants, voilà ce qui me dérange", dit Vlad, qui travaille dans l'immobilier. "Une force est en train de naître sur cette place, nous espérons que notre message sera entendu", ajoute-t-il.

Environ quatre millions de Roumains (sur une population totale de 20 millions) travaillent à l'étranger. En 2017, ils ont envoyé à leurs familles restées en Roumanie 4,3 milliards d'euros, soit près de 2,5% du produit intérieur brut de ce pays, l'un des plus pauvres de l'Union européenne.

Petre, un ingénieur à la retraite, souhaite que "ce pays ne soit plus dirigé par une personne condamnée. Nous méritons mieux que cela", dit-il en référence au chef du Parti social-démocrate (PSD, au pouvoir) Liviu Dragnea, qui a écopé en juin d'une peine de trois ans et demi de prison en première instance dans une affaire d'emplois fictifs.

Considéré comme le véritable chef du gouvernement, M. Dragnea est empêché de briguer le poste de Premier ministre par une condamnation en 2016 à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale.

Depuis son retour au pouvoir fin 2016, le PSD a lancé une vaste réforme de la justice qui menace l'indépendance des magistrats et vise à permettre à des responsables politiques d'échapper aux poursuites, selon ses détracteurs.

Adoptée en plusieurs volets, cette réforme a suscité une vague de contestation d'une ampleur sans précédent depuis la chute du régime communiste fin 1989, avec un demi de million de personnes dans la rue en février 2017.

Le mois dernier, la majorité de gauche a par ailleurs obtenu le départ de la cheffe du Parquet anticorruption (DNA) Laura Codruta Kovesi, qui a remporté ces dernières années des succès notables dans la lutte contre ce fleau, loués par Bruxelles.

© 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

Betfirst - Livepartners

Ailleurs sur le web

Votre horoscope du jour par Serge Ducas

Bélier

Sans doute devez-vous rompre avec une situation ou un mode de vie qui ne vous convient plus.

Taureau

Ce début de semaine est complexe. Vous avez la sensation d’être bloqué à tous les niveaux.

Gémeaux

C’est sans doute le bon moment pour accorder de nouveau toute votre confiance à votre partenaire.

Cancer

Peut-être avez-vous un problème d’ego ou une position professionnelle que vous ne parvenez pas à conserver ou atteindre.

Lion

Vous avez encore du pain sur la planche avant d’engranger vos premiers résultats. Patience…

Vierge

Si vous entrez dans une période de chance, vous tendez à devenir trop insouciant sur le plan financier.

Balance

Vous êtes partagé entre vos relations professionnelles, affectives et familiales. En privilégier une, c’est forcément affecter l’autre.

Scorpion

Vous gravissez les échelons de votre hiérarchie avec une facilité déconcertante.

Sagittaire

Si vous êtes toujours un cœur à prendre, il n’est pas impossible qu’une personne déclare ses sentiments d’ici ce soir.

Capricorne

Essayez de vous impliquer davantage dans votre travail. Commencez par vous montrer plus participatif au sein d’un groupe.

Verseau

Affirmez votre engagement. Soyez volontaire. Ne prenez pas le risque de passer à côté des changements bénéfiques qui s’annoncent.

Poissons

Votre partenaire est là pour vous raisonner, vous ouvrir les yeux ou vous faire changer d’attitude.

Facebook