SNCF, Fonction publique: des dizaines de milliers de personnes défient le gouvernement dans la rue

Publié le à Paris (AFP)

Des manifestations, émaillées de heurts à Paris, ont réuni plus de 100.000 personnes jeudi en France, tandis que des lycées étaient bloqués, des écoles fermées, le trafic SNCF "très perturbé", pour défendre le statut des fonctionnaires et des cheminots et le service public face à un gouvernement déterminé.

Près de 100.000 personnes ont manifesté en France, hors Paris, selon un décompte de l'AFP, à partir des chiffres fournis par la police.

A Paris, la CGT-cheminots a recensé plus de 25.000 manifestants, partis vers 14H30 de la gare de l'Est en direction de Bastille pour rejoindre des milliers de fonctionnaires partis, eux, de Bercy.

Les cheminots ont donné le ton à grand renfort de fumigènes, tambours, sifflets et musique rock. Bernard Thibault, qui dirigeait la CGT-Cheminots lors de la grande grève de 1995, était présent, comme l'actuel leader Philippe Martinez, qui a ensuite rejoint l'autre cortège. "Ces manifestations convergentes, c'est l'expression d'un besoin de service public de qualité dans tout le territoire", a-t-il souligné auprès de l'AFP.

Des jeunes, cagoulés, se sont livrés à des dégradations et ont lancé des projectiles sur les policiers, qui ont répliqué en usant d'un canon à eau et de gaz lacrymogènes, dans le cortège parisien. A Nantes également, des échauffourées ont eu lieu entre jeunes et policiers.

A l'appel de leur intersyndicale (CGT, Unsa, Sud et CFDT), les cheminots protestent contre la volonté du gouvernement de réformer la SNCF par ordonnances, en transformant l'entreprise en société anonyme et abandonnant le statut de cheminots à l'embauche.

"Le dernier qui a dit qu'il ne plierait pas, c'était (Alain) Juppé (en 1995, NDLR). Il a fini par plier. Demain ce sera Macron", assure Philippe Boutant, un agent de conduite de 52 ans, syndiqué CGT.

- "bombes à fragmentation" -

Côté fonctionnaires, les responsables des sept organisations syndicales (CGT, FO, FSU, CFTC, Solidaires, FA-FP et CFE-CGC) ayant appelé à la grève ont pris la tête du cortège parisien derrière une banderole unitaire: "pour la fonction publique, les salaires, l'emploi et le statut".

Le gouvernement "pose des bombes à fragmentation qui sont en train de détruire peu à peu les fondements mêmes de notre modèle social et républicain", a relevé dans la manifestation Pascal Pavageau, qui s'apprête à succéder à Jean-Claude Mailly à la tête de FO.

"Aujourd'hui est un jour qui fera date", a affirmé Jean-Marc Canon, secrétaire général de la CGT Fonction publique, premier syndicat, s'appuyant sur "une progression de 40% du nombre de manifestations" recensées en France par rapport à la précédente mobilisation du 10 octobre.

Ce jour-là, ils étaient des centaines de milliers à défiler contre la suppression annoncée de 120.000 postes, le rétablissement du jour de carence et le gel des salaires.

Depuis, l'exécutif a annoncé envisager un recours accru aux contractuels (agents non statutaires) et des plans de départs volontaires, ce qui fait craindre aux syndicats une fonction publique "morcelée" et "externalisée".

Près de 10.000 personnes ont notamment manifesté à Marseille, Nantes, ou Lyon, 11.000 à Toulouse mais également 1.300 à Auch, 2.300 à Reims, 1.800 à Saint-Nazaire, 4.500 à Perpignan, selon les chiffres de la police. Partout, les fonctionnaires dont des personnels de la santé, étaient rejoints par des cheminots mais aussi des retraités et des jeunes, voire des avocats, opposés aux réformes qui les touchent.

- 22 mars 1968 -

Les cheminots se sont mis en grève davantage qu'attendu à l'appel de l'Unsa et SUD (2e et 3e), avec un taux de 35,4% de grévistes selon la direction (à la prise de service). Avant même la grève en pointillé lancée le 3 avril pour trois mois, la journée était marquée pas de fortes perturbations, notamment avec deux TGV sur cinq, un Transilien sur trois.

A Montpellier, en fin de cortège, une retraitée brandissait une pancarte proclamant "je cours moins vite qu'en 68 mais je gueule plus fort", en référence à la mobilisation des étudiants de Nanterre qui a lancé mai 68, il y a cinquante ans jour pour jour.

Face à ce test social d'envergure, le gouvernement affiche sa "très grande détermination à poursuivre les transformations", selon le porte-parole Benjamin Griveaux.

Quant aux fonctionnaires, des discussions sont prévues jusqu'à fin octobre, a rappelé le secrétaire d'État Olivier Dussopt.

Dans le cortège à Lyon, Jérôme Depaix, secrétaire général CFTC-Rhône-Alpes Santé-Hôpitaux rappelle qu'"un agent de la fonction publique ce n'est pas un tire-au-flanc, ce sont des gens qui travaillent qui ont une conscience, une notion de service".

Dans les écoles, un enseignant sur quatre devait être en grève en moyenne, d'après le SNUipp-FSU (1er syndicat). Et une poignée de lycées ont été bloqués, dont une dizaine à Paris.

La grève des contrôleurs aériens entraînait aussi des perturbations avec des vols annulés, à la veille d'une grève à Air France pour les salaires. D'autres secteurs étaient touchés, comme les crèches ou les bibliothèques.

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