Yémen: une bombe ayant détruit un bâtiment était de fabrication américaine

Publié le à BRUXELLES (Belgique)

Une bombe ayant détruit en août un bâtiment résidentiel de la capitale du Yémen, Sana, était de fabrication américaine, selon des révélations d'Amnesty International vendredi. La bombe a tué 16 personnes et a blessé 17 civils.Les photos de ce raid aérien du 25 août avaient fait le tour du monde, principalement celle d'une fillette de cinq ans blessée mais qui a survécu, Buthaina. "On peut désormais affirmer de manière définitive que la bombe qui a tué les parents et les frères et sœurs de Buthaina, ainsi que d'autres civils, a été fabriquée aux États-Unis", déclare dans un communiqué Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International. "Rien ne saurait justifier que les États-Unis et d'autres pays, comme le Royaume-Uni et la France, continuent de fournir des armes à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite dans le cadre du conflit au Yémen." Un expert d'Amnesty a en effet pu identifier avec certitude, sur base des débris du projectile, "la plaque signalétique d'un groupe de contrôle informatique de type MAU-169L/B", produit aux Etats-Unis. En outre, l'Agence du ministère américain de la Défense chargé de la coopération en matière de sécurité a précisé que les "Etats-Unis avaient autorisé en 2015 la vente à l'Arabie saoudite de 2.800 bombes à guidage équipées d'un groupe de contrôle informatique MAU-169L/B". Amnesty appelle vendredi à un "embargo total afin de veiller à ce qu'aucune des parties au conflit yéménite ne soit approvisionnée en armes, en munitions, en matériel militaire ou en outils technologiques susceptibles d'être utilisés dans ce contexte". La coalition avait admis avoir mené le raid mais "soutient que les victimes civiles sont la conséquence d'une 'erreur technique'", rappelle Amnesty. "Le mépris total de la coalition à l'égard de la vie des civils et le manque d'engagement à diligenter des investigations efficaces montrent combien il est nécessaire d'ouvrir une enquête internationale indépendante sur les violations présumées du droit international", conclut Lynn Maalouf. (Belga)
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