Le député jettois Sven Gatz revendique la multiculturalité. En une happante chronique de vie
BRUXELLES Pour son 1er opus "semi-littéraire", le député libéral flamand Sven Gatz n'a pas loupé sa cible. Non parce que les 188 pages de ce Bastaard bruxellois sortent le jour même de l'ouverture des négociations entre communautés, bien sûr. Bien qu'il soit de ces hasards...
Surtout parce que son récit, celui de son clan, épouse celui de tous les echte brusseleirs ! La preuve dans le préambule déjà de cette ode (à 15 €) éternelle à un terroir cosmopolite.
"C'est l'histoire de ma ville. De la façon dont elle peut tantôt être en floraison et tantôt s'étioler. Puis à nouveau reprendre sa parure."
Sa musicalité propre, son amour régional déclaré, l'Open VLD jettois, chef de groupe dudit parti au parlement flamand, les cadence d'esquisses de réponses à des points d'interrogations cruciaux au devenir de Bruxelles.
"J'ai écrit de façon organique", explique l'auteur, "motivé par un minimum d'ambition littéraire, mais également par motivation politique."
Tenaillent ce progressiste les Comment réussir l'harmonie avec la périphérie dans l'optique d'une communauté urbaine ?, comment freiner la paupérisation, renforcer l'identité bruxelloise et combler le gouffre culturel entre Flamands et francophones ?, etc.
Par-delà la verve des mots, des anecdotes ("Pas de l'exhibitionnisme ! C'est simplement le fait qu'un parcours dit dix fois plus sur Bruxelles qu'une quelconque théorie politique..."), le ket trace le portrait d'un Bruxellois.
Soit, selon sa thèse, un bâtard (Quel heureux, amusant et symbolique mélange, que cette titraille bilingue d'un ouvrage, par ailleurs, édité et dans la langue de Vondel et dans celle de Molière), un onctueux melting pot "de parts inégales, puisant ce qu'il y a de meilleur dans la richesse de la métropole".
L'éditeur de la version française, Luc Pire, salua le "courage et l'intérêt" de la démarche de Sven Gatz, un vrai bruxellophile qu'un savoureux Tour à la découverte de 101 cafés bruxellois n'éloigna pas d'un tangible projet de ville.
Guy Bernard
Ils ne sont pas si nombreux que ça, à nourrir, amoureusement, un réel projet de vi (ll) e pour une région qui, parfois dirait-on, se cherche encore... (benoît vanzeveren)