Emmanuel Moire a grandi. Sa musique aussi. Il nous (et se) raconte
BRUXELLES Sur la pochette de son nouvel album, Emmanuel Moire, sur fond blanc, prend de l'altitude. N'étaient quelques bouts de ficelle de toutes les couleurs, on le verrait s'envoler vers d'autres cieux, tel un ballon lâché par un enfant imprudent. Ou aventurier. L'image le fait sourire. "Va pour le petit ballon, alors", dit-il. D'excellente humeur, le trentenaire est aussi plutôt fier de son nouveau bébé...
"Par rapport au titre de l'album, L'équilibre, la photo raconte déjà quelque chose. Dans ma tête, ce cliché, c'est tout ce que contient ce CD. Mes chansons, ce sont ces fils et c'est grâce à eux que je tiens en équilibre. L'ensemble des chansons, mises bout à bout, raconte ce que je suis, fort, faible, mes joies, mes peines, mes colères."
Vous dites que ces chansons vous racontent vraiment, or vous ne signez pas les textes. Il faut que l'auteur vous connaisse sacrément bien...
"C'est ma grande chance : Yann Guillon qui a écrit l'album est mon meilleur ami. On se connaît depuis sept ans et il sait pratiquement tout de moi. Le fait de travailler ensemble n'a pas altéré notre amitié et ça aussi, c'est une chance. Aujourd'hui, je pense qu'il a appris à écrire pour moi. Il connaît les mots, les tournures de phrases que j'aime. Et l'homme que je suis."
Il avait des thèmes à aborder ?
"On a vraiment travaillé en binôme. Les thèmes, ce n'était pas forcément lui qui les trouvait. Souvent, il y avait la musique avant, sur laquelle je chantais en yaourt. Ensuite, je lui disais de quoi j'avais envie de parler, il essayait des trucs, on revenait sur un texte. C'est de la couture, en fait... Pendant la création, ça a été magique, parce qu'on ne s'est posé aucune question : notre but était de faire un album qui nous ressemble à 100 %, sans concessions artistiques."
Vous avez intérêt à avoir une maison de disque qui vous suive !
"J'ai cette chance-là, ce qui n'était pas forcément le cas sur le premier album même si c'était la même maison de disque. Ils ont vu l'homme que j'étais et pas juste l'artiste interprète. Surtout dans un marché du disque comme celui-là. Moi, je suis sensible à des artistes vrais, qui sont sincères dans leur démarche."
Des artistes comme qui ?
"J'aime le talent, j'aime ce qui est brit-pop : Coldplay, Muse. Ou la nouvelle vague, Nelly Furtado, Justin Timberlake. Je ne suis pas fermé, la musique est riche. J'aime beaucoup Zazie. Je ne la connais pas humainement mais j'aime ce qu'elle est en tant que chanteuse."
C'est marrant parce que la photo de votre album ressemble à celle de Rodéo...
"Normal, c'est le même photographe. (rires) Je ne l'ai pas rencontré tout de suite : il a écouté l'album, il a eu envie de ça. Je trouve ça parlant, graphique. Ça me représente bien : on est dans la simplicité, je suis juste un chanteur, je ne sauve pas le monde, je ne me prends pas pour quelqu'un d'autre."
Interview > Isabelle Monnart
Emmanuel Moire, L'équilibre, Warner
Emmanuel Moire, cinq ans après Le Roi Soleil, sort un nouvel album qui lui ressemble davantage.