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D'Orazio: "J'ai toujours fait de la politique!"

(10/05/2009)

Roberto D'Orazio sera candidat aux élections européennes

BRUXELLES Figure emblématique, à Clabecq entre 1996 à 1998, Roberto D'Orazio avait fini par être exclu des négociations pour la reprise des Forges et leur rachat par Duferco. Le revoilà à la tête de la liste CAP D'Orazio, à Mons. Son fils Samuel, échevin à Tubize, emmène la liste en Brabant wallon et son frère, Ezio, est premier à l'Europe. CAP présente aussi une liste à Bruxelles et en Flandre...

Quel regard portez-vous sur votre combat à Clabecq ?

"C'est à la fois une réussite - les Forges ont survécu - et un énorme gâchis en ce sens que l'expérience n'a servi à rien. On ne parle de la sidérurgie que quand elle va mal. Lorsqu'elle rapporte des milliards, on ne dit rien..."

Vous avez renoncé au syndicalisme pour vous lancer en politique ?

"Je n'ai jamais fait de syndicalisme sans politique. Je conçois la politique dans le sens noble du terme."

Cette fois, vous vous êtes mis avec la liste CAP (Comité pour une Autre Politique) ?

"Il s'agit de gens souhaitant agir d'une manière différente. Nous avons mis les points qui nous semblaient importants pour définir ce que nous voulions faire ensemble."

Ce sont des idées de gauche ?

"Oui ! Mais je n'ai pas toutes les solutions. Si je les avais, ce ne serait pas une autre politique. Le but de la liste CAP D'Orazio est de planter un olivier pour tenter de le faire grandir. L'olivier, c'est le signe ancestral de la paix. Cela prendra peut-être une génération..."

Votre programme paraît essentiellement orienté contre le PS...

"Je ne vais pas m'en prendre au MR qui mène une politique de droite. C'est sa raison d'être. Quant au PS, je suis critique contre ce qu'il a fait ces dernières années : démantèlement des services publics, vente de l'énergie, ou l'enseignement qui n'est plus accessible à tous. Il y a des problèmes énormes à résoudre !"

Que reprochez-vous vraiment au PS ?

"Il a oublié les vraies valeurs. Aujourd'hui, il mène une politique libérale. Di Rupo dit tout et son contraire. Et je ne parle pas de ses cumuls..."

Pourquoi ne pas vous être uni avec les partis d'extrême gauche ?

"Ils ne croient pas en ce qu'ils font. Ils se basent sur des théories venues d'ailleurs. On ne parviendra jamais à les mettre autour d'une table."

Vous avez lu Marx ?

"Oui, quand j'étais jeune. Mais on ne peut transposer à aujourd'hui tout ce qu'il a dit. Sinon, on lui fait dire n'importe quoi..."

Que proposez-vous ?

"Nos activités doivent mener à l'émancipation de l'être humain. Les services publics ne doivent pas servir d'assistanat mais ils doivent assurer le bien de la communauté. Je veux une société dans laquelle nous ne serons plus premiers au hit-parade des tentatives de suicide des jeunes..."

Votre regard sur la crise financière ?

"Dans le système capitaliste, quand cela marche bien, on parle de libre entreprise. Quand ça ne marche pas, c'est la collectivisation des pertes."

Vous êtes favorable au fait que l'Etat mette de l'argent dans une entreprise ?

"Oui mais il doit y avoir un droit de regard. Pas comme avec la Sabena, Cockerill-Sambre ou Clabecq..."



Interview > André Gilain

© La Dernière Heure 2009

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