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Patricia Lefranc: "lors du 2e jet d'acide, il a voulu me tuer"

(16/03/2012)

La victime du vitrioleur était appelée à témoigner

BRUXELLES Patricia Lefranc, 46 ans, a raconté, vendredi, qu'elle avait commencé à remarquer que Richard Remes, 57 ans, n'était pas "net" après avoir notamment découvert qu'il portait un T-shirt avec sa photo. Richard Remes est accusé, devant la cour d'assises de Bruxelles, de tentative d'assassinat à l'acide sulfurique (vitriol) sur Patricia Lefranc, en décembre 2009. "Nous avions entamé une relation en janvier 2009", a raconté la victime du vitrioleur, vendredi. "Ce n'est qu'à la 2e ou 3e sortie qu'il m'avait avoué qu'il était marié", a-t-elle poursuivi.

"Je n'étais pas enchantée bien sûr, mais ça faisait un moment que j'étais seule. J'avais besoin de rencontrer quelqu'un. Je m'étais rendu compte également que sa femme avait plutôt l'air d'être une mère ou une grand-mère pour lui", a témoigné Patricia Lefranc.

"Puis il a commencé à m'envoyer 20 à 30 SMS par jour. C'était étouffant", a poursuivi la victime qui a gardé de graves séquelles physiques de son agression.
Patricia Lefranc a également évoqué le fait que certains de ses proches avaient vu Richard Remes se balader, vêtu d'un T-shirt avec une photo d'elle et la mention "je l'aime". "Ce n'était pas net du tout", a-t-elle dit.
Elle s'était également rendu compte que son amant était inscrit sur des sites de rencontres, notamment homosexuelles.

En outre, lors de vacances en Egypte, l'accusé avait pris des photos de toutes les parties du corps de Patricia mais aussi d'autres femmes.

Patricia Lefranc, 46 ans, a affirmé qu'elle était certaine que Richard Remes, 57 ans, avait voulu la tuer, notamment parce qu'il est revenu, une seconde fois, lui verser du produit corrosif. L'homme, son ancien amant, est accusé de tentative d'assassinat. Il avait aspergé le visage de la victime d'acide sulfurique (vitriol), en décembre 2009, dans le hall de l'immeuble où elle réside, avenue du Sippelberg, à Molenbeek-Saint-Jean. "J'ai vu un casque de motard se pencher en avant lorsque je suis sortie de l'ascenseur", a raconté posément Patricia Lefranc. "J'ai reçu du liquide, c'est devenu chaud, puis je suis tombée par terre, incapable de rester debout. La douleur était insupportable et indéfinissable. Puis il s'est approché et m'a secoué. J'ai dit 'arrêtez, arrêtez, arrêtez... Ce n'est pas moi'."

"J'étais occupée à mourir. J'ai rampé vers l'extérieur et c'est là qu'il est revenu une seconde fois vers moi. Il a enroulé mes longs cheveux autour de son poignet, a calé mes genoux entre ses pieds et il a versé calmement le produit au-dessus de ma tête", a raconté la victime. "Il était revenu pour me tuer, j'ai senti qu'il savait très bien ce qu'il faisait à ce moment-là parce qu'il avait bien vu que je fondais", a-t-elle ajouté.

"Aujourd'hui je suis une morte-vivante", a encore rapporté la victime. "C'est une douleur que je dois endurer quotidiennement lors des séances de kiné lorsqu'elles ne sont pas entrecoupées d'interventions chirurgicales."

"C'est dur de voir souffrir ma mère"

La plus jeune des filles de la victime a témoigné, vendredi, du calvaire que vivait sa maman au jour le jour. Patricia Lefranc, 46 ans, avait été agressée à l'acide sulfurique (vitriol), le 1er décembre 2009, par son ex-amant, Richard Remes, 57 ans. Il est accusé de tentative d'assassinat. Gravement brûlée au visage, Patricia Lefranc en a été défigurée. "J'ai envie de vous dire que ma mère est courageuse", a déclaré la plus jeune des trois enfants de la victime qui vit avec elle. "Cette situation est trop dur à vivre", a ajouté l'adolescente, sans pouvoir retenir ses larmes. "C'est difficile pour moi de la voir souffrir tous les jours. Je n'ai plus ma maman comme avant".

Le drame avait eu lieu en début d'après-midi, le 1er décembre 2009, dans le hall de l'immeuble, avenue du Sippelberg à Molenbeek-Saint-Jean, où vit Patricia Lefranc et où vivait également son agresseur, Richard Remes. Elle avait entretenu une relation avec ce dernier de début janvier à septembre 2009.
L'accusé avait aspergé le visage et tout le haut du corps de Patricia Lefranc d'acide sulfurique en s'y prenant à deux reprises.

Hospitalisée au service des grands brûlés de l'Hôpital militaire Reine Astrid de Neder-Over-Heembeek, celle-ci s'en est sortie après de nombreux mois de soins et plus de 80 interventions chirurgicales.

Elle a cependant gardé de graves séquelles physiques. L'acide l'avait brûlée au 3e degré. Elle souffre d'une forte défiguration et a perdu l'usage d'un oeil, d'une oreille et d'un doigt.

La fille aînée de Patricia Lefranc a décrit sa maman comme quelqu'un de sensible, dépendante affectivement et naïve. Quant à Richard Remes, elle le voyait comme un homme infidèle, menteur et qui se jouait des femmes.

"Ma mère me disait elle-même qu'elle voulait se débarrasser de Richard [Remes], qu'elle savait que ce n'était pas une histoire d'amour mais qu'elle était "dedans". Je crois qu'elle voulait en toute honnêteté en terminer", a affirmé la jeune femme.

Vendredi, Patricia Lefranc s'est aussi elle-même exprimée quant à son agression. "Il a voulu me tuer lorsqu'il est revenu pour me jeter un 2e récipient d'acide sur la tête", a-t-elle dit, convaincue.

"Avoue que tu as voulu me tuer! Dis la vérité pour que je puisse faire mon deuil", s'est-elle directement adressée à l'accusé qui a gardé le regard baissé.
Patricia Lefranc s'est encore dite choquée d'avoir entendu Richard Remes dire, lors de son interrogatoire où il a avoué le second jet d'acide, "faute avouée, à moitié pardonnée". "Il a dit ça comme s'il avait cassé une assiette", a-t-elle commenté.

La victime a également déclaré qu'elle avait été "brisée" d'entendre sa soeur, vendredi, confier qu'elle ne voulait plus la voir parce qu'elle ne supportait pas son physique.

Ce témoin avait également précisé, à propos de Richard Remes, qu'elle avait immédiatement senti que la gentillesse de celui-ci était surfaite et calculée.
"Patricia [Lefranc] était sous son emprise. Il jouait le pauvre malheureux et Patricia était la proie idéale", a-t-elle notamment affirmé, persuadée que Richard Remes s'intéressait plus à l'argent de sa soeur qu'à entretenir avec elle une vraie relation.

Vendredi, la défense a annoncé qu'elle souhaitait que la question des tortures ayant entraîné des mutilations graves et une incapacité de travail permanente soit posée aux jurés.

Lundi, les derniers témoins seront entendus et les parties civiles plaideront.

© La Dernière Heure 2012

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