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Hicham Beyayo conteste avoir été prêt à commettre un attentat-suicide

(12/03/2010)

Formé au Jihad dans des camps d'Al-Qaïda au Waziristan en 2008, il a nié y avoir signé un formulaire indiquant qu'il était prêt à commettre un attentat-suicide

BRUXELLES Hicham Beyayo, un des Belges qui a été formé au Jihad dans des camps d'Al-Qaïda au Waziristan (Pakistan) en 2008, a nié y avoir signé un formulaire indiquant qu'il était prêt à commettre un attentat-suicide. Jugé avec huit autres prévenus pour terrorisme, cet Anderlechtois aujourd'hui âgé de 24 ans a retracé vendredi devant le tribunal correctionnel son parcours. Il l'a conduit de Belgique au Waziristan après qu'il eut fait la connaissance de Malika El Aroud et Moez Garsallaoui, considérés avec lui comme les trois dirigeants de cette filière terroriste.

Une fois au Waziristan, Hicham Beyayo et ses cinq compagnons ont reçu un formulaire de deux pages comprenant une vingtaine de questions à remplir. "Il était au nom de l'émirat islamique d'Afghanistan", a expliqué ce jeune Anderlechtois de 24 ans qui est détenu depuis décembre 2008, soit immédiatement après son retour en Belgique.

Une des questions du formulaire était "quelle est vote opinion sur les opérations martyrs? ", à savoir les attentats-suicides. "Cela surprend et cela bloque. On se regarde et on se pose des questions", a-t-il commenté, précisant qu'il avait répondu qu'il "était contre et pas prêt".
Il dit voir dans cette question une forme de sélection. Il ne pense pas que le groupe dans lequel il avait abouti se livrait à des attentats-suicides mais que, vu le nombre de groupes présents au Waziristan, il se pouvait qu'il y ait une demande de candidats pour de tels actes.

Selon lui, ces formations étaient données par des instructeurs originaires de pays arabes. Hicham Beyayo sera à nouveau interrogé lundi par le tribunal sur son séjour de plusieurs mois au Waziristan. Deux autres prévenus, qui étaient sur place avec lui et ont suivi le même parcours, seront également entendus.
Vendredi, cet Anderlecthois, qui suivait des cours de religion musulmane intensifs depuis 2001, a déjà retracé comment il en était arrivé à se rendre au Waziristan. En 2005, il a contacté via internet Malika El Aroud, car il voulait acheter son livre retraçant son parcours de veuve d'un des assassins du commandant Massoud.

Elle lui a présenté son mari, Moez Garsallaoui, avec qui il a sympathisé. Ce dernier lui a confié qu'il avait des contacts pour l'Afghanistan. "En 2007, il m'a fait part du fait qu'une route s'était ouverte et qu'il était possible de rejoindre les Talibans pour lutter en Afghanistan", a dit Hicham Beyayo. Cette route passait par Istanbul où Moez Garsallaoui avait des contacts.
"Je n'étais pas convaincu que c'était interdit ou prohibé", a estimé Hicham Beyayo qui se fera néanmoins très discret.

En décembre 2007, il restera quelques jours à Istanbul avec trois autres Belges et deux Français. Guidés par des passeurs, ils gagneront au terme d'un périple très éprouvant et couteux le Waziristan.
Ils traverseront ainsi la frontière turco-iranienne, en pleine nuit, au plus fort de l'hiver et à pied alors que les passeurs leur avaient confisqué l'équipement chaud qu'ils avaient emporté de Belgique.
Ils ont dû attendre une nuit de pleine lune pour qu'il y ait une certaine clarté et ont été déposés par une camionnette dans la montagne. Leur équipement se limitait à un drap blanc pour se cacher dans la neige qui leur arrivait jusqu'à la hanche.

"On pensait qu'il y aurait 100 ou 200 mètres mais on a marché 10 heures dans le blizzard en suivant les traces de pas de ceux qui nous précédaient", a raconté Hicham Beyayo.
"Pendant ce passage, on craignait d'être laissés sur place par les passeurs", a expliqué un autre prévenu, Saïd Arissi. Une fois en Iran, un autre membre du groupe a failli devoir être amputé d'une jambe à cause du gel qui l'avait frappé.

Le passage de la frontière irano-pakistanaise sera également réalisé grâce à des passeurs mais s'effectuera dans des véhicules. Après avoir gagné Quetta et Peshawar, le groupe de six retrouvera Moez Garsallaoui au Waziristan où ils resteront de nombreux mois.
Moez Garsallaoui et un Belge seraient toujours à la frontière pakistano-afghane ou y seraient morts. Les trois autres Belges et un des deux Français sont rentrés en Europe.

© La Dernière Heure 2010

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