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Moins d’un électeur sur deux a voté au premier tour

(15/03/2010)

La faible participation sert d’alibi à la droite et au Premier ministre

PARIS 53 % d’abstention. Score historique. La participation à une élection n’avait jamais été aussi faible en France que lors du premier tour des élections régionales de dimanche.

Plusieurs éléments expliquent un tel désintérêt de l’opinion publique. D’abord, le scrutin en lui-même. Les régions en France restent un étage institutionnel mal connu. Leurs compétences et leur budget sont limités et le président de région n’est que trop rarement une personnalité politique d’envergure.

Les spécialistes évoquent ensuite les conséquences de la crise économique. La population a l’impression que rien ne bouge, que rien ne s’améliore dans la société. En un mot comme en cent : les politiques sont impuissants ! Dès lors, pourquoi aller voter ? Le sentiment de rejet est très fort auprès des électeurs (v. le reportage ci-dessus).

Les politiques ne se voilaient d’ailleurs pas la face hier soir. Le grand vainqueur du premier tour est le “parti des abstentionnistes” , criaient-ils en chœur. Pour Rama Yade (UMP – droite), secrétaire d’État aux Sports et candidate en Île-de-France, “l’abstention est un message fort qui a été envoyé aux politiques. À eux, maintenant, de montrer qu’ils l’ont entendu”.

Muriel de Sarnez, vice-présidente du Modem (centre), ne cachait pas son “sentiment de tristesse et d’inquiétude” . “Quand on voit une telle abstention, cela signifie que les Français disent : on ne croit plus en vous !

Paradoxalement, le faible taux de participation n’a pas été une mauvaise chose pour tout le monde. On pense bien sûr à l’UMP du président Nicolas Sarkozy qui pouvait atténuer la portée de la défaite (v. ci-contre). François Fillon en personne, le Premier ministre, ne s’est d’ailleurs pas privé de dire que “la faible participation ne permet pas de tirer des enseignements au niveau national” .

Il s’inscrit parfaitement dans les propos de Sarkozy. Anticipant la défaite de la droite – de la majorité présidentielle, plus précisément –, celui-ci estimait qu’à “élections régionales, enjeux régionaux” . En somme, pas question de démettre son gouvernement ou le Premier ministre, même en cas de défaite.

Avec un taux de participation de 47 % seulement, il y a très peu de chances qu’il fasse marche arrière. Mais le second tour, dimanche prochain, pourrait changer la donne !



Antoine Clevers

© La Dernière Heure 2010

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