Éric Woerth nie tout en bloc
(30/07/2010)
© EPA
Le ministre français du Travail (UMP) a été entendu hier par la police
PARIS Depuis que le scandale a éclaté, Éric Woerth a toujours demandé à pouvoir exposer sa version des faits à la justice.
Son vœu a été exaucé. Le ministre français du Travail (UMP – parti du président Sarkozy) a été entendu hier par la police dans le cadre de l’affaire Bettencourt. Sans surprise, il nie tout en bloc.
Éric Woerth est soupçonné d’avoir touché un versement de quelque 150.000 euros en 2007 de la part de l’héritière de L’Oréal pour le compte de la campagne présidentielle de Sarkozy – Woerth était alors le trésorier de l’UMP.
Certains l’accusent aussi d’avoir agi en faveur de son épouse afin qu’elle soit engagée dans la société de gestion de fortune de Bettencourt; et d’avoir fermé les yeux sur une évasion fiscale lorsqu’il était le ministre du Budget…
Lors d’une brève déclaration au ministère du Travail, où a eu lieu d’audition de Woerth, Me Jean-Yves Leborgne, son avocat, a dit souhaiter que le parquet de Nanterre tire rapidement des conclusions procédurales favorables pour son client. “Il a expliqué qu’à aucun moment il n’était intervenu pour que son épouse soit embauchée par M. de Maistre , le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Il y a bien eu une conversation entre Eric Woerth et Patrice de Maistre avant l’embauche en question, mais elle était sans importance.”
Le ministre français a également réfuté les informations sur l’existence d’un versement en espèces de 150.000 euros en 2007. “Avec une vigueur et une énergie particulières, il a nié avoir reçu un quelconque financement politique qui eût été contraire à la loi” , a dit Me Leborgne. Qui dénonce des “fantasmes” .
“Je pense que la justice […] dira que les explications d’Eric Woerth le mettent complètement en dehors de la polémique que nous connaissons” , a conclu l’avocat.
A. C.
© La Dernière Heure 2010
Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, a été placé en garde à vue vendredi matin dans les locaux de la brigade financière à Paris, a-t-on appris de sources proches du dossier confirmant une information du Monde.fr. Evénement
Patrice de Maistre, déjà placé en garde à vue à la brigade financière les 15 et 16 juillet, est de nouveau entendu depuis vendredi matin dans le cadre de l'enquête sur le contenu des écoutes clandestines. Il a été placé en garde à vue vendredi vers 08H00, selon ces sources.
"Il s'agit d'une reprise de garde à vue (entamée les 15 et 16 juillet, ndlr)", a expliqué le parquet de Nanterre, précisant qu'il restait aux enquêteurs 11h30 pour entendre M. de Maistre.
Il devait être confronté aux déclarations d'Eric Woerth, entendu jeudi à son ministère par les enquêteurs, ainsi qu'au résultat des perquisitions menées depuis plusieurs jours dans le cadre de cette enquête, a précisé une de ces sources.
Le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt devait ainsi une nouvelle fois répondre aux accusations de financement politique occulte proférées par l'ex-comptable de l'héritière de L'Oréal, Claire Thibout. Cette salariée, licenciée en 2008, affirme que M. de Maistre lui avait demandé de retirer la somme de 150.000 euros début 2007, destinée selon elle à Eric Woerth, trésorier de l'UMP et de la campagne de Nicolas Sarkozy.
Les enquêteurs devaient également le réentendre sur les éléments apparus dans les conversations tenues dans le bureau de Mme Bettencourt et enregistrées par son majordome entre mai 2009 et mai 2010.
Ces écoutes suggèrent un possible conflit d'intérêts entre la double casquette de trésorier de l'UMP (jusqu'à vendredi) et de ministre du Budget (jusqu'en mars) de M. Woerth et l'embauche de sa femme par M. de Maistre en 2007.
Eric Woerth, lors de son audition jeudi, a récusé tous les soupçons de conflit d'intérêt et de financement politique illégal, selon son avocat, Me Jean-Yves Leborgne, qui demande que le ministre soit désormais mis "en dehors de la polémique".
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