Sarkozy veut "remettre les frontières au coeur du débat politique"
(29/04/2012)
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Nicolas Sarkozy a de nouveau appelé l'Europe à "protéger les peuples européens et la civilisation européenne"
TOULOUSE En meeting à Toulouse à une semaine du second tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a martelé dimanche à plusieurs reprises qu'il voulait "remettre les frontières au coeur du débat politique" pour que "l'Europe s'affirme, que la France agisse et qu'elle puisse peser dans les affaires du monde".
Le 6 mai prochain, "la France n'a pas le droit à l'erreur, parce que l'erreur se paiera pendant des décennies", a-t-il averti en jugeant qu'elle "ne peut dilapider vingt siècles de travail, d'efforts, de civilisation, l'héritage de la chrétienté, des Lumières, de la Révolution et de la Résistance".
Après avoir exhorté "le peuple de France" à se souvenir de la civilisation dont il est l'héritier, le président-candidat a longuement défendu la nation française. Devant plus de 10.000 personnes réunies au Parc des expositions, selon les organisateurs, il s'en est pris à "une partie des élites" et au système médiatique qui ont confondu le sentiment national, "qui est hautement respectable, avec le nationalisme, qui est une idéologie profondément dangereuse".
Mais, a-t-il poursuivi, "quand on nie l'importance de la nation, on ouvra la porte à la loi des communautés et à la loi des tribus". "Je ne me résignerai jamais à l'aplatissement du monde, une seule langue, une seule culture (...) Je n'accepterai pas qu'il n'y ait plus aucune différence entre être français et ne pas l'être. Nous ne sommes pas supérieurs aux autres mais nous sommes différents des autres et nous voulons qu'on respecte notre différence".
Appelant à nouveau l'Europe à "protéger les peuples européens et la civilisation européenne", il a averti que si elle "ne le fait pas, dans les cinq années qui viennent, la France le fera pour elle-même unilatéralement".
Le président-candidat, qui a martelé le mot "frontières" à de nombreuses reprises, a estimé que "sans frontières, il n'y pas de nation, pas d'Etat, de République et de civilisation. La frontière, ce n'est pas un enfermement, un repliement, un rejet, c'est une limite, un repère, une clarification, c'est la démocratie, la souveraineté, la solidarité". "A l'abri des frontières de la France, il n'y aura pas de frontières ethniques ou religieuses", a-t-il promis.
Sans pour autant souhaiter que "la France s'abandonne au protectionnisme" ou s'isole, M. Sarkozy a donc expliqué vouloir "remettre les frontières au centre du débat et de la question politique" sans crainte d'un "procès en sorcellerie" de la part des "staliniens du XXIe siècle" qui, selon lui, "n'ont plus de rêve, plus d'idéal et n'ont gardé que les défauts".
Dans la foule, venu de Montauban (Tarn-et-Garonne) avec ses deux fils de 11 ans, Patrick Insa a dit croire en "l'expérience" du président sortant. A 48 ans, ce chef d'entreprise dans le bâtiment s'est dit convaincu que Nicolas Sarkozy a "la meilleure approche par rapport à la politique européenne" et approuve sa volonté de "contrôler l'immigration". "Même s'il a fait quelques erreurs et n'a pas pu tout résoudre, notamment concernant l'emploi, il faut lui donner une nouvelle chance. La période est difficile".
C'est avec son mari et une amie que Maryse Servel, 68 ans, a fait le déplacement depuis Montpellier comme elle l'avait déjà fait pour le meeting de Villepinte (Seine-Saint-Denis). "Nicolas Sarkozy nous a tenu la tête hors de l'eau pendant toute la crise et j'espère qu'il va battre Hollande qui est un incapable. Il a sauvé l'euro et l'Europe, nos retraites n'ont pas baissé comme cela a été le cas dans d'autres pays. Quant au pouvoir d'achat, il a un peu chuté mais il n'en est pas responsable", a estimé cette adhérente de l'UMP.
Sarkozy fustige les "staliniens du XXIe siècle"
Le président Nicolas Sarkozy a fustigé les "staliniens du XXIe", qui lui reprochent de reprendre les thèmes de l'extrême droite, et affirmé son refus de voir la France "se diluer dans la mondialisation".
Le président sortant et candidat s'est appliqué à donner de la hauteur à sa stratégie de reconquête des quelque 6,5 millions d'électeurs qui se sont prononcés pour l'extrême droite au premier tour le 22 avril, en exaltant le "sentiment national" et la "fierté" d'être français.
"Je ne veux pas laisser la France se diluer dans la mondialisation, voilà le message central du premier tour", a-t-il résumé devant des milliers de ses partisans (12.000 selon son camp). "L'Europe a trop laissé s'affaiblir la Nation (...), les pays qui gagnent aujourd'hui, c'est les pays qui croient dans l'esprit national".
Il a accusé "la pensée unique, le système, notamment le système médiatique", coupable d'avoir "confondu le sentiment national qui est hautement respectable, avec le nationalisme qui est une idéologie profondément dangereuse".
"Je ne me résignerai jamais à l'aplatissement du monde (...) je n'accepterai pas qu'il n'y ait plus aucune différence entre être Français et ne pas l'être", a insisté le chef de l'Etat en mettant en garde contre le risque que "nous disparaissions en tant que civilisation".
"Je veux que la France incarne la nouvelle frontière de la civilisation du XXIe siècle", a-t-il résumé en qualifiant de "staliniens du XXIe siècle" ceux qui voient dans son discours un rapprochement avec le Front national de Marine Le Pen.
© La Dernière Heure 2012
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