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Près d’un Belge sur 10 adepte des titres-services

(02/09/2011)

7,50 euros pour une heure de ménage qui vaut en réalité 21,41 euros

BRUXELLES Plus de 760.000 Belges y ont recours. C’est dire l’importance qu’ont pris, dans notre quotidien, ces sept dernières années, les titres-services. Ces petits chèques d’une valeur de 7,50 euros qui vous permettent de vous offrir l’aide ménagère de quelqu’un, à domicile (ou en extérieur, lire ci-dessous).

Un système qui a été instauré au niveau fédéral pour tenter de lutter contre l’emploi au noir des femmes de ménage. Son principe est simple et tout le monde s’y retrouve (plus ou moins) : contre quelques chèques moins onéreux que le coût moyen d’une prestation d’une femme de ménage au black, monsieur et madame tout-le-monde contribuent en quelque sorte à faire fonctionner le secteur de l’emploi.

Selon certains chiffres, ces emplois subsidiés représenteraient un tiers des emplois créés ces dernières années grâce aux aides de l’État. Un paquet de monde donc, qui a été mis au travail avec ces titres-services. En 2010, on dénombrait près de 144.000 travailleurs actifs via ce système. Et le nombre de ses bénéficiaires n’a cessé d’augmenter depuis 2007 : 69 % de Belges supplémentaires ont adopté le système, en quatre ans.

En juin 2011, 2.730 entreprises agréées avaient en outre été créées. Ces entreprises sont celles qui emploient les femmes de ménage, les plaçant sous contrat. Et leur permettant, de la sorte, de percevoir un salaire. Celui-ci s’élève, en moyenne, autour des 10 euros brut de l’heure. “Le salaire horaire augmente en fonction de l’ancienneté”, précise Michèle Baukens, conseillère générale à l’Onem.

Ce contrat de travail permet en outre à ces travailleuses (98 % sont effectivement des femmes, 2 % des hommes…) de bénéficier des avantages offerts à tout salarié. “Il n’y a évidemment pas de comparaison avec le travail au noir. Ici, grâce au système, l’accès au chômage est garanti, la couverture pension et en cas d’accident fonctionne,…” Et pour le bénéficiaire de ces services, l’avantage fiscal est bien réel.

Créés par l’État, ces emplois, encadrés par l’Onem, ont une valeur bien plus grande que les 7,50 euros que coûte un chèque. La valeur horaire de la prestation est en effet évaluée à 21,41 euros… “Mais il n’existe aucun lien entre le prix d’un titre-service et le salaire du travailleur.” En 2010, le coût global du système pour l’État a été évalué à 1,370 milliard d’euros.

D’aucuns verraient d’ailleurs d’un bon œil l’augmentation de ces 7,50 euros. “Une question politique”, nous répond-on à l’Onem.



Charlotte Vanbever

© La Dernière Heure 2011

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