Beauté & Mode Madison Stubbington, jeune mannequin de 21 ans très en vogue, révèle sur Instagram les régimes drastiques qu'elle suit durant les semaines de la mode.

Sur sa page Instagram, Madison Stubbington partage deux photos qui montrent à quoi elle ressemblait il y a 4 ans quand elle parcourait les catwalks du monde entier et aujourd'hui, pendant ses vacances. "Sur la photo de gauche, je venais d'arriver à Paris pour mon premier défilé de la saison et je n'ai survécu qu'avec du café et des pommes. La photo de droite a été prise chez moi à Adélaïde la semaine dernière, où j'ai pris le temps de guérir mon corps après l'avoir traité si mal", écrit-elle. Et de conclure : "La santé est la richesse, prenez soin de vous".


"On ne peut pas imposer un corps malade en idéal de beauté"

Ca n'est pas la première fois que l'injonction à la maigreur dans le domaine de la mode est révélée, et dénoncée. Il y a deux ans, Victoire Maçon Dauxerre revenait dans un livre-choc sur ses longues années d'anorexie quand elle était top model ( "Jamais assez maigre. Journal d'un top model", édition Les Arènes).

Trois pommes par jour pour seul repas, poisson ou poulet une fois par semaine, c'était son régime alimentaire, jusqu'à peser 47 kg pour 1,78 m ! Elle raconte dans ce livre avoir vu dans les coulisses des défilés des mannequins grignoter devant les caméras, avant d'aller se faire vomir aux toilettes une fois les journalistes partis. Avoir participé à des séances photo où seuls les photographes avaient à manger. Etre tombée d'inanition et de fatigue dans la rue en pleine Fashion Week de New York."On ne peut pas imposer un corps malade en idéal de beauté, c'est criminel", dénonçait la jeune femme de 23 ans, qui avait défilé pour de grands noms comme Alexander McQueen, Céline, Miu Miu (lire son témoignage ici).

De timides améliorations

La question a suscité des réactions. Depuis décembre 2015 en France, l'activité de mannequin est soumise à un certificat médical qui prend notamment en compte l'indice de masse corporelle (IMC),

En 2017, les deux tenants du luxe mondial, le groupe Kering (possesseur des griffes Saint Laurent, StellaMcCartney, Gucci, notamment) et le groupe LVMH (Dior, Vuitton, Givenchy, Kenzo…) ont aussi fait paraître une charte sur les conditions de travail et le bien-être des mannequins. Cette charte, comme le rapportait la Libre, reprend peu ou prou les dispositions de "la loi mannequin" mise en vigueur par la ministre française Marisol Touraine, en mai 2017, loi qui cherchait à lutter contre l’anorexie dans le milieu du mannequinat, en bannissant des podiums les tailles 32 pour les filles, et 42 pour les garçons.

Cette charte, jugée insuffisante pour certains, prévoit notamment de ne pas accepter sur les podiums les jeunes femmes sans certificat médical datant de plus de six mois, et toutes celles qui auraient un indice de masse corporel inférieur à 17, qui correspond à un état de "maigreur modérée à sévère".

Autre évolution qu'on a pu observer ces dernières années : le monde de la mode s'ouvre petit à petit, aux rondes. Aux Etats-Unis, Ashley Graham et sa taille 48 est devenue, ces deux dernières années, quasiment l'égale des mannequins superstar telles Kendall Jenner ou Gigi Hadid. En février 2016, elle a été la première femme ronde à apparaître en Une du spécial maillots de bain du magazine américain Sports Illustrated, une institution. En février 2017, le designer Michael Kors l'a faite défiler à New York, une apparition encore extrêmement rare pour un grand nom de la mode.