Beauté & Mode Si l’augmentation mammaire reste l’opération la plus pratiquée en chirurgie esthétique, les prothèses ne sont plus l’unique solution. La technique dite du lipofilling offre une alternative naturelle et sans corps étranger.

Quel est le principe ?

Le lipofilling permet d’augmenter la poitrine avec sa propre graisse. Le chirurgien prélève d’abord la graisse en excès sur le ventre, les hanches, les cuisses… et ensuite, il la réinjecte dans les seins.

À qui s’adresse cette intervention ?

"À toutes les femmes qui souhaitent une augmentation modérée et naturelle, répond le Dr Emmanuel Delay, soit parce qu’elles ont une hypotrophie de la poitrine depuis la puberté, soit à la suite d’un amaigrissement important ou d’une grossesse." C’est aussi une bonne indication pour celles qui ont une déformation ou une asymétrie mammaire. Tout cela à condition bien entendu d’avoir un peu de graisse à prélever, soit une culotte de cheval soit des bourrelets.

Quelles sont les contre-indications ?

"Cette technique est déconseillée aux femmes de plus de 30 ans, ayant un risque élevé de cancer du sein, répond, prudent, le Dr Armand Azencot. La graisse contient des facteurs de croissance cellulaire et des cellules souches, excellentes pour la peau, mais qui peuvent fonctionner comme un engrais en cas de tumeur de la glande mammaire." Attention aussi en cas de diabète, de tabagisme ou de problèmes circulatoires, car la graisse peut réagir en formant des kystes.

Comment a lieu l’intervention ?

C’est un acte chirurgical qui dure entre 1 et 3 heures, au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale selon l’importance de la lipoaspiration. Le chirurgien procède à une lipoaspiration classique, sauf qu’il conserve les graisses dans des bocaux stériles pour centrifuger et purifier les cellules. Ensuite, il les réinjecte avec une microcanule.

Quelles sont les suites ?

Les cicatrices, tant pour prélever que pour injecter la graisse, sont minimes : chacune fait 2-3 mm. Le lendemain, le sein est très tuméfié, avec des bleus parfois impressionnants. "Je n’ai pas eu beaucoup de bleus et ils ont vite disparu. J’ai même arrêté les antalgiques au bout de 3 jours. En revanche, j’ai beaucoup gonflé. Mais la sensibilité de la poitrine est redevenue comme avant", témoigne Sonia, 25 ans. Les suites de la lipo sont, elles, plus douloureuses et contraignantes : "On doit porter un panty jour et nuit, au moins un mois, et ne pas faire de sport ni se baigner."

Quel résultat peut-on espérer ?

L’augmentation est d’un bonnet par intervention, "soit 300 cc de graisse par sein, précise le Dr Delay. Environ 30 % se résorbent, on en tient compte dans l’évaluation de la quantité à réinjecter." Si ce n’est pas suffisant, après six mois, on peut recommencer. Comme Céline, 30 ans, qui est passée d’un 85 A à un 85 C en deux séances espacées de six mois. "Tant que les quantités de graisse peuvent être prélevées, le nombre de séances n’est pas limité, sauf par le bon sens", conclut le Dr Delay. Au bout d’un an en moyenne, le résultat est définitif à condition de ne pas maigrir, sinon "les graisses greffées vont fondre comme celle des hanches", explique le Dr Azencot.