Beauté & Mode Longues chevelures et tête contre tête, en vogue chez les adolescentes, ne font pas bon ménage pour lutter contre les infestations.

La mode du selfie favoriserait-elle la propagation des poux ? L’idée ne surprend guère Laurence Rivet, fondatrice du centre de traitement anti-poux Nopou. "Il est toujours difficile de déterminer précisément comment les poux se sont propagés", explique-t-elle. "Il y a une propension à la transmission de poux chez les adolescentes que nous observons dans notre clientèle. Les jeunes filles sont souvent les unes à côté des autres, il y a un côté câlin qui pourrait expliquer qu’elles se transmettent plus facilement les poux que les garçons. Elles sont fans de selfies et sont souvent regroupées autour d’un petit écran pour regarder une vidéo sur un smartphone. Il y a beaucoup de tête contre tête or c’est le mode préféré de transmission des poux."

Le centre Nopou n’a ouvert que depuis quatre mois. Si Laurence Rivet n’a pas encore de statistiques annuelles à présenter, elle observe certaines tendances. "Nous traitons surtout des jeunes filles de 14 à 16 ans, voire plus. 60 % de notre clientèle est composée d’adolescentes, 30 % de petits enfants et les 10 % restant, ce sont les mamans."

Garder un périmètre de sécurité

Afin de lutter contre le phénomène, surtout lors de pics d’infestations dans les écoles, la spécialiste préconise de responsabiliser les ados. "En général, l’infestation a été apportée par la copine avec qui on est tout le temps, à qui on fait des gros bisous. On leur recommande d’avoir un petit périmètre de sécurité, surtout pendant les pics d’infestation. On évite le tête contre tête, comme lors des selfies, on évite les regroupements autour d’un même smartphone, on évite les pyjamas party et on s’attache les cheveux. Les cascades de cheveux sont vraiment des échelles à poux. Un cheveu tiré en queue-de-cheval ou en tresse permet d’éviter la propagation."

Limiter la casse

Si une alerte aux poux est lancée dans l’école de vos chères têtes blondes, rien ne sert de sortir les shampoings préventifs d’emblée. Laurence Rivet conseille de vérifier leur crâne, même s’ils ne se grattouillent pas. Seule une personne sur cinq déclenche une réaction allergique aux morsures du parasite - semblable aux réactions provoquées par les piqûres d’insectes - qui entraîne les fameuses démangeaisons. Chez quatre personnes sur cinq, l’infestation passe inaperçue dans un premier temps. En outre, il faut en moyenne quatre à six semaines pour que les démangeaisons commencent. "Le temps qu’on s’en rende compte, il y a déjà une petite communauté de 15 à 20 poux adultes qui se balade sur la tête", résume la directrice de Nopou qui conseille d’appliquer une bonne dose d’après-shampoing ou de masque capillaire sur les longueurs et en racine à la suite du shampoing habituel. On utilise ensuite un peigne adapté pour faire un check autour des oreilles, dans la nuque et une fois du tronc jusqu’à la pointe des cheveux. "Si en frottant le peigne sur un mouchoir blanc, il revient clean, il n’y a pas d’infestation. Si on voit des petites choses noires ou granuleuses, on sait qu’il y a probablement des lentes même si on n’a pas attrapé de pou."

Si l’infestation est avérée, "il ne faut surtout pas baisser les bras", affirme Laurence Rivet. "Quelle que soit la façon dont on traite, que ce soit avec de l’huile de coco ou de puissants shampoings anti-poux, il faut tenter de limiter la population de poux adultes sur la tête puisque c’est eux qui passent d’une tête à l’autre. Il faut limiter la casse et penser aux autres enfants." Elle recommande les soins à base de silicone. "Avec ces soins, il n’y a pas de risques d’habituation du pou puisque c’est un système mécanique d’étouffement."

Au centre Nopou, la séance dure 90 min pour une infestation modérée sur un cheveu facile à peigner. "On commence par 30 min de déshydratation avec l’appareil AirAllé, qui via une chaleur pulsée, permet de déshydrater les poux et les lentes. Ensuite, on applique et on laisse poser une lotion à base d’huiles essentielles et de silicone pendant 30 min et on termine par 30 min de peignage pour les débarrasser de tous les débris tués pendant le traitement. Quand on a des jeunes filles qui ont des cheveux au bas du dos et qui ont des poux depuis un an, voire plus, ça peut prendre plus de temps. Parfois, on reste 2 h sur une chevelure parce que le but est qu’il n’y ai absolument plus rien, ni de vivant ni de mort, au terme de la séance. Chaque tête est unique, dans les cas compliqués, on demande à la personne de revenir une semaine plus tard pour une vérification, c’est inscrit dans le prix."

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-> Laurence Rivet conseille un peigne de type l’Assy 2000 et des produits à base de silicone comme ceux de la marque Bye Bye Nits, disponible au Centre Nopou ou en ligne. Infos et renseignements : Nopou, le Centre de traitement anti-poux. Adresse : Chaussée de Waterloo, 1012 à 1180 Uccle. Tél. : 02/539.48.08. - nopou.be