Beauté & Mode Les chirurgiens esthétiques sont de plus en plus confrontés à une demande étrange de leurs patients: ressembler à une version "avec filtre" d'eux-mêmes. Sur les réseaux sociaux comme Snapchat et Instagram, des filtres permettent de changer l'apparence en lissant la peau ou en agrandissant les yeux par exemple, rapporte The Independent.

Pour le Docteur Esho, chirurgien esthétique à l'Esho Clinic de Newcastle (Royaume-Unis), cette pratique sur les réseaux sociaux a mené à une augmentation du nombre de demandes de femmes voulant ressembler à une "version améliorée" d'elles-mêmes grâce aux filtres. Il explique: "Avant les patients venaient à la clinique avec des photos de stars ou de mannequins qu'ils admiraient et auxquels ils voulaient ressembler. Mais avec l'arrivée des réseaux sociaux et des filtres ces cinq dernières années, de plus en plus de patients viennent avec des versions d'eux-mêmes avec filtre. Et c'est leur but à atteindre."

Risque de dysmorphie corporelle

Le risque de cette pratique est de mener à une dysmorphie corporelle, c'est-à-dire une obsession face à un défaut physique, imaginaire ou exagéré. Snapachat et Instagram peuvent renforcer ce sentiment, en utilisant de nombreux filtres qui embellissent. Une patiente du docteur Esho explique qu'elle ne n’avait jamais aimé se prendre en photo, jusqu'à ce qu'elle utilise les filtres qui la font se sentir belle. "La caméra Snapchat te montre ce que tu vois dans le miroir mais ajoute un filtre sur ton visage et tu peux tout changer. Ton visage peut devenir plus fin, tes lèvres plus grosses, tes yeux et cils plus grands. C'est fantastique." 

Elle est donc venue voir le professeur, avec une photo provenant de Snapchat. Celui-ci a refusé de la traiter et il renvoyé cette patiente vers un service de soutien psychologique. Pour le Docteur Esho: "Ce genre de comportement s'explique par la société dans laquelle nous vivons. Les jeunes sont nés dans un monde où les réseaux sociaux sont omniprésents et où les sentiments et l'estime de soi sont basés sur le nombre de like ou de followers qu'ils peuvent avoir." 

En 2016 en Belgique, environ 200 000 opérations de chirurgies esthétiques ont été réalisées.