Food Souvent obligatoire, elle dérègle en grande partie l’alimentation des enfants

Qui ne se rappelle pas de la cloche ou de la sonnerie de 10 h qui retentit pour signaler la petite pause matinale dans les écoles ? Ce break dans la journée d’un enfant est souvent associé à la fameuse collation de 10 h.

Un biscuit glissé dans la poche avant du cartable et le tour est joué. Cet en-cas sucré est pourtant loin d’être indispensable. Si l’enfant et même l’adulte ont correctement déjeuné, personne ne devrait avoir besoin de cette pause alimentaire. "Souvent, on impose cette collation dans les écoles alors qu’elle participe au déséquilibre alimentaire. C’est un aliment qu’on ajoute et qui n’est généralement pas de bonne qualité", explique Nathalie Claes, diététicienne pédiatrique à l’ONE (Office de la naissance et de l’enfance).

Pour l’éviter, il est donc nécessaire de prendre un petit-déjeuner complet, à savoir un féculent, un fruit, un produit laitier, un peu de matière grasse et de l’eau. Si tous ces aliments n’ont pas été mangés au petit-déjeuner, prendre un fruit ou un yaourt nature peu de temps après peut être intéressant. On ne parle alors pas de collation mais de complément au petit-déjeuner.

"Personne n’a besoin de collation si le déjeuner est complet et qu’il n’a pas été pris trop tôt. Si un enfant va manger à 7 h du matin, il est ensuite déposé en accueil temps libre (garderie). C’est normal qu’il ait faim lors de la pause. Mais s’il a mangé à 8 h et que vers 9 h 30 ou 10 h, il mange à nouveau, cela n’a pas beaucoup de sens. On conseille de laisser trois heures entre les repas, rappelle Nathalie Claes. Les diététiciennes de l’ONE encouragent la réflexion sur cet accueil temps libre : "Ne pourrait-on pas faire manger l’enfant à ce moment-là ? En proposant un bon petit-déjeuner équilibré."

Une journée idéale , alimentairement parlant, commencerait par bien déjeuner. Si une petite faim survient peu de temps après, il faut compléter le petit-déjeuner avec un fruit par exemple. Ensuite, il suffit de manger normalement à midi, prendre un goûter équilibré (les mêmes ingrédients que lors du petit-déjeuner pour l’enfant). Le goûter est un vrai repas chez l’enfant.

Et enfin le mieux est de manger léger au souper. Le problème est que souvent l’enfant ne mange pas un goûter complet et se limite à un biscuit, il arrive alors au souper en ayant très faim et mange trop copieusement. Il ira ensuite dormir et ne bougera pas. "Le sucre dans son sang n’a pas le temps de redescendre et donc le matin il n’aura pas faim", conclut Nathalie Claes, diététicienne pédiatrique à l’ONE. Il prendra un petit-déjeuner léger et aura très faim à l’heure de la récréation du matin.

Ce schéma est alors un éternel recommencement. Cette collation est donc, en partie, à la base du déséquilibre alimentaire, surtout chez les enfants.