Food Le "pape de la gastronomie" a laissé orphelin de nombreux amateurs de cuisine française ce 20 janvier 2018. Un homme plein de surprises qui portait en lui le souvenir d'un épisode intense de sa vie.

"Monsieur Paul" a toujours arboré fièrement le coq tatoué sur son épaule gauche. A 16 ans, il entre en apprentissage à Lyon et finit par s'engager quelques années plus tard dans l'Armée de Libération du Général de Gaulle. Le chef est envoyé dans le nord de l'Italie puis en Alsace. Arrivé dans les Vosges, son régiment est décimé. Touché à quelques centimètres à peine du coeur, il échappe de peu à la mort. Des soldats américains le soignent et lui transfusent le sang d'un GI. Après une intervention réussite, ces mêmes médecins lui proposent de lui tatouer l'emblème de la France à l'encre noire. "La France tatouée par des Américains. C'est ça aussi l'Histoire", s'amusait-il à dire dans le livre Mémoires de chefs en 2012.

Plus qu'un souvenir, ce tatouage est devenu "son copain". "Lorsque quelqu'un m'enquiquine, je lui parle à voix basse. Cela me calme et surtout déstabilise l'adversaire."