Les hommes

Plus grand, plus large, plus long… Les hommes ne sont pas toujours satisfaits de leur sexe. Et sont obnubilés par ce symbole de "virilité".

Qu'aimeraient les hommes?

Pour la sexologue, “les hommes sont en demande d’un pénis plus grand (tant au repos qu’en érection) mais aussi d’une circonférence plus importante et surtout d’une bonne érection. On ne peut pas leur en vouloir de se focaliser là-dessus. Le phallus reste dans notre société un signe par excellence de virilité, de puissance, de reproduction. Nous sommes formatés ainsi. Dans ces conditions, on tombe vite dans les travers de la performance sexuelle. Mais lors de mes consultations, les femmes me parlent rarement de pénis mais plutôt de l’aspect relationnel, de la sensualité, du plaisir… Chez elles, bien souvent, la définition de la virilité ne se trouve pas dans le pantalon.”

Il n’y a aucun “profil type” de l’homme frustré par l’apparence de son sexe, précise la sexologue. “Il n’existe pas vraiment de profil pré-établi concernant les hommes qui se posent des questions sur la taille de leur pénis. Contrairement à la femme, les organes sexuels étant plus visibles chez les hommes, ces derniers risquent de s’interroger à tout moment. Par exemple, on peut comparer cela aux femmes qui désirent avoir une poitrine plus grande ou aux personnes qui souhaitent se refaire le nez. Quand la taille ne devient pas une question obsédante, cela tient plus à de l’esthétisme et à nos propres critères d’idéal masculin.”

Quelles difficultés ?

Ce complexe obsédant peut avoir des répercussions sur la vie amoureuse. “À toujours vouloir être dans la performance, l’homme risque, malheureusement, de passer à côté de l’essentiel à propos de la relation sexuelle. C’est-à-dire l’échange, le partage, le respect, les sentiments, l’écoute de l’autre, la sensualité, l’amour, le plaisir mais aussi les jeux érotiques, la complicité… Le risque de ne se focaliser que sur l’aspect génital peut amener à quelques dysfonctions sexuelles comme une perte d’érection ou bien une absence de plaisir chez le partenaire. La relation sexuelle devient un concours et chaque membre du couple risque de ressentir de la frustration, voire de ne plus avoir envie de faire l’amour.”

Comment se rassurer?

Lorsqu’on est obnubilé par une zone de son corps, il est souvent difficile de retrouver confiance en soi. “Je répète sans cesse que la taille d’un vagin est de plus ou moins de 8 centimètres avec une possibilité d’agrandissement de 12 centimètres en état d’excitation sexuelle. Alors pourquoi vouloir à tout prix un très grand pénis. Il ne faut pas que la relation devienne douloureuse. De plus, il ne faut pas confondre taille, circonférence et qualité d’érection. Ce sont trois choses totalement différentes ! Je préconise aussi d’éviter de faire l’amour comme un lapin et rapidement mais plutôt de favoriser les mouvements du bassin et l’intensité. Et puis, pourquoi ne pas tenter de légères pressions sur les parois du vagin, de caresser sa partenaire pendant la relation et ainsi développer l’aspect plus sensuel de l’échange. Il est possible de s’épiler le pubis pour donner un effet de pénis un peu plus long. On va aussi inviter les femmes à jouer avec les muscles du périnée pour découvrir de nouvelles sensations mais aussi d’éviter les comparaisons. Par exemple : Mon ex était mieux bâti que toi ! Cela ne sert à rien, c’est blessant et ce n’est pas constructif. Enfin, il ne faut pas avoir peur de parler et d’exprimer ce que l’on ressent. Cela permet de se donner un peu plus de confiance mais aussi d’être guidé par l’autre pour une relation de qualité.”