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Les habitations de demain doivent prendre en compte l'espace qui s'amenuise. Résultat, beaucoup de projets s'orientent vers les espaces partagés et modulables. Nous avons rencontré Oke Hauser, responsable créatif pour Mini Living, la branche innovation logement de la marque de voitures Mini. La créativité pour les habitations de demain, c'est carrément bluffant...


Oke Hauser, Creative Lead de Mini Living voyage de par le monde, sans cesse. Pour lui, il est impératif de voir in situ les avancées en matière d'habitations de demain, d'être surpris par des solutions apportées par les architectes, designers et inventeurs bien sûr mais aussi par les citoyens eux-mêmes ! C'est dans ce but que lors des salons, Mini Living organise des ateliers Built by All où les curieux peuvent venir "designer" leurs idées de l'habitat de demain, car " qui a dit que les architectes étaient les seuls à avoir de bonnes idées sur la façon dont nous devons vivre ?"

D'ailleurs, à la question justifiée que l'on se pose de savoir pourquoi une marque de voiture s’intéresse aux logements, le spécialiste passionné réplique que " l’utilisation créative de l’espace a toujours été au cœur de nos préoccupations. Que cet espace soit mobile ou non, cela n’a pas d’importance." "La façon dont nous vivons change", continue Oke Hauser. « Les jeunes optent de plus en plus souvent pour la ville. Nous manquons donc de logements attractifs et abordables. A cela, il faut ajouter que vivre et travailler sont deux concepts qui sont de plus en plus entremêlés et la flexibilité ne cesse de prendre de l’importance."


Une utilisation partagée des biens : la réalité de demain

© Une "urban cabin" modulable présentée à Londres en 2016. - Mini Living

D’après Mini Living, une surface de quelques mètres carrés suffit pour créer un espace attractif et personnalisé, qui resterait en même temps ouvert aux autres personnes. Le postulat de départ étant que posséder un bien individuellement ne doit plus être le seul mode opératoire. L’utilisation partagée de l'espace (coliving, cohousing) est donc au centre des préoccupations des spécialistes travaillant aux habitations de demain.

Dans les salons où Mini Living pose ses valises (et ses logements conceptuels !), son responsable explique à chaque fois le concept "Do Disturb" qui entend mettre à bas la frontière entre sphère privée et sphère publique. Un grand pas en avant qui n'est pas encore arrivé dans les schémas de pensée occidentaux (En Belgique, les Millenials sont 80% encore à s'imaginer dans une maison traditionnelle, d'après le bureau de tendances TrendWolves) mais qui fait son chemin chez les Asiatiques ou l'espace pour les logements dans les mégalopoles devient critique.

Le "shared living" doit devenir une réalité : " Dans les grandes villes, de plus en plus de gens doivent partager – qu’ils le veuillent ou non – l’espace public, qui ne cesse de se réduire. Nous voyons donc énormément de potentiel dans notre initiative visant à rendre le principe de l’urban life plus accessible à tous ", explique Oke Hauser.

© Une urban cabin construite à Los Angeles - Mini Living

Pour pousser cette façon de voir, la société a développé des "urban cabins", qui tentent d’apporter confort et qualité dans un espace réduit. Et ce faisant, Mini Living estime apporter une solution à l’augmentation des prix et, parallèlement, à la baisse de la qualité de vie qui est liée à ce phénomène. Ainsi dans ces "maisons" (qui n'en sont plus vraiment), 5 espaces cohabitent : le public, l'espace de travail, l'espace réservable et l'espace privé qui est réduit à sa portion congrue.


Un projet de cohabitation grandeur nature en 2019

© Espace partagé dans le village qui est en train d'être réalisé à Shangai - Mini Living

Les idées, ça a du bon mais le mieux c'est encore de les réaliser ! Bien sûr les urban cabins font le tour des salons d'architecture ou de design mais bientôt, le premier projet de cohabitation verra le jour à Shangai en mai 2019. Une ancienne usine de peinture de 7600 m² va être transformée en un espace de coliving. 30% de l'espace sera assigné à la sphère privée (45 espaces privés) tandis que 45% sera attribué à une utilisation en communauté. Le restant, 25% de l'espace, sera alloué à l'espace public: food-market, restaurants, galerie, espaces sportifs, petites boutiques,... 3 à 5 Mini y seront aussi partagées pour l'ensemble des habitants. Des personnes vivront réellement dans la première phase de ce "village", permettant d'avoir un feed-back réel profitable aux avancées... du futur.

Plus proche de nous, en septembre 2019, un quartier similaire devrait voir le jour à Berlin.

© La façade du projet à Shangai - Mini Living

© Le projet de Shangai comportera 3 plateaux - Mini Living

© Un espace privatif dans le projet de Shangai - Mini Living