Magazine Des musiques qui rappellent l'ambiance Mortal Kombat ou Tekken, des ordinateurs à la pointe de la technologie et des boissons dont le nom fait référence aux classiques des jeux vidéo (Spyro, Leeroy Jenkins), pas de doute, c'est bien un rendez-vous de geeks. Seule différence avec ce qu'on pourrait penser, cette fois-ci, le point de rendez-vous est un bar : le Meltdown Brussels.

Issu d'une franchise française née il y a cinq ans, le Meltdown a ouvert ses portes le 7 mai 2016 dans la capitale. Ce "refuge pour gamers" fonctionne sur base d'un système simple : on joue à n'importe quel jeu gratuitement mais les consommations sont payantes. "On joue pour consommer et on consomme pour jouer. Le principe de la franchise est basé sur la gratuité des jeux vidéo mais après les boissons, c'est ce qui aide à payer les factures", explique Cédric Frey, un des responsables du Meltdown Brussels.

Ce vendredi, l'ambiance était particulière dans ce bar situé à deux pas de la gare d'Etterbeek car c'était la Just Dance night ! Pour l'un des fondateurs du Meltdown Brussels, il y a "quelque chose de magique avec ce jeu. J'ai vu des personnes extrêmement introverties se lâcher comme des dingues sur la piste pendant toute la soirée. Elles n'avaient plus aucune timidité au milieu de cette foule".

Just Dance n'est pas le seul événement du Meltdown. Chaque semaine, plusieurs activités sont programmées. "C'est comme ça qu'on fonctionne, on met en place des événements pour créer le désir. C'est comme ça que les gens viennent", ajoute Cédric.

Une belle rencontre, une belle histoire

Quand Cédric a lancé le projet avec Adrien Sansterre et deux autres associés, son but était clair, il voulait "faire sortir les gens de chez eux avec leur hobby". Il se donne pour mission de "resociabiliser un univers qui n'a pas un côté très social en tant que tel parce que c'est souvent un frontal entre la personne et son écran". Loin est le temps des LAN-party, ces soirées où des potes se rassemblaient chez l'un ou l'autre avec leurs ordinateurs ou leurs consoles de jeux avec à la clé une nuit de gaming (presque) sans interruption.

Même si aujourd'hui, il est toujours possible de faire ce genre de soirée avec ses amis, la technologie permet surtout de jouer en ligne avec un chat vocal performant et des coéquipiers à l'autre bout du monde. Si vous êtes adeptes des jeux vidéo en ligne, vous avez peut-être déjà joué avec quelqu'un de votre ville sans le savoir et pour Cédric, la rencontre "In Real Life" (dans la vie réelle) de ces gens, c'est un des objectifs du Meltdown.

Sa triple Karmeliet à la main, sa souris dans l'autre, Gery, un habitué, n'est pas du tout casanier mais venir ici, c'est une expérience. "J'adore voyager, sortir, faire du sport mais venir ici c'est spécial. Il y a un vrai accueil, du vrai matos. Boire un verre, jouer aux jeux vidéo et rencontrer des gens, c'est ça qui est sympa avec ce bar, explique-t-il avant de placer une anecdote. Parfois ça peut être bizarre, je suis déjà venu ici lors de certains événements et il y a des tables remplies de monde avec une bière par personne. Ils sont tous concentrés sur leurs écrans et ça ne parle pas beaucoup. C'était assez particulier (rires)"

"Il y a plein de petits groupes qui se sont formés ici. Des gens qui ne se connaissaient pas et qui sont parfois du même quartier. Finalement, des groupes très soudés sont nés ici. C'est cet aspect de sociabilisation qui m'a vraiment plu et qui a fonctionné avec le Meltdown, se réjouit Cédric, au-delà de payer les factures, c'est vraiment motivant de voir que l'aspect humain est mis en avant et c'est pour ça que les gens reviennent chez nous".

La promotion de l'eSport est difficile en Belgique

Beaucoup de choses doivent encore être réalisées en Belgique afin de promouvoir l'eSport et de lui donner un aspect plus professionnel. Nous ne disposons pas encore de gros noms avec de gros palmarès mais un bar comme le Meltdown a déjà reçu, notamment pour l'ouverture et le premier anniversaire, des guests comme des champions de Street Fighter.

Pour Cédric, la division du pays ne permet pas de faire front commun et de créer une vraie plateforme. "On a trois fronts différents en Belgique [la Flandre, la Wallonie et Bruxelles] et parfois ils ne se rendent pas compte qu'ils devraient agir ensemble pour cela. Le portefeuille est divisé en trois et ce qu'on voudrait faire en Wallonie ne peut se faire qu'en Flandre et inversement. Ce sont des bêtises mais ça n'aide pas, regrette-t-il. L'eSport est vraiment très mineur chez nous, ce qui veut dire qu'il y a des places à prendre, un vrai marché derrière tout ça".

Outre le fait de boire une bière autour d'un bon Super Smash Bros, l'un des objectifs du Meltdown est d'essayer de promouvoir le gaming à Bruxelles. La diffusion des tournois eSport est une des activités proposées par le bar. "C'est un début timide car la communauté est naissante mais il y a un certain intérêt pour les tournois", conclut Cédric . Au Meltdown, on cherche à regrouper plusieurs ambiances pour faire un "pot-pourri".


> Adresse: Bld Géneral Jacques 263, 1050 Ixelles