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Méconnu du grand public, le yoga du son fait de plus en plus d'adeptes en invitant à l'écoute de soi grâce aux vibrations et à la méditation.


Qu'on le pratique assis, debout, suivant un rythme lent ou dynamique et grâce à divers outils tels que le Pilates, la danse ou encore le rire, on pensait déjà tout savoir (ou presque) sur le yoga. Mais parmi les nombreuses variantes de la discipline, qu'elles soient classiques ou insolites, il en reste une dont on avait jamais (ou presque) entendu parler : le yoga du son.

On s'imagine déjà sur un tapis de yoga, vêtu d'un legging mauve et réalisant des postures dans une ambiance zen et musicale. Les plus perspicaces supposeront devoir pousser la chansonnette pour travailler la souplesse, non pas de leur colonne vertébrale, mais de leurs cordes vocales. Pourtant, inutile de chanter comme un rossignol ni même de savoir toucher le sol avec le bout de son nez. Car en yoga du son, tout n'est qu'une question de vibrations.

Rééquilibrer sa fréquence intérieure

Si l'appellation "yoga du son" peut prêter à confusion, c'est qu'elle nous rappelle l'image que l'on se fait traditionnellement du yoga ; les doigts de pied en éventail, les jambes écartées et les bras tendus vers le ciel. Or, plutôt que de se concentrer sur l'une ou l'autre posture à réaliser, "le yoga du son invite à l'écoute de soi afin de retrouver son harmonie vibratoire intérieure", explique Brigitte Rutsaert, thérapeute psycho-énergéticienne qui utilise le yoga du son comme approche thérapeutique. "L'objectif est de ressentir les vibrations dans son corps et dans l'espace qui nous entoure pour entrer dans une véritable méditation sonore", ajoute-t-elle. Le tout grâce à un outil fondamental : la voix. "C'est le principe même de la méditation, mais ici on utilise le son, la voix et la respiration pour accéder à la pleine conscience."

Pour Brigitte, pas besoin de musique. De simples sons, comme les voyelles ou les mantras (formules sacrées formées d'une seule syllabe ou d'une série de syllabes) suffisent à faire résonner le corps afin qu'il retrouve son équilibre. Car comme l'explique Sylvie Fievet, psychothérapeute initiée au "toning" (pratique de guérison par le son), "le yoga du son considère que les maux du corps surviennent quand celui-ci est désaccordé, comme un instrument de musique". Ainsi, en pratiquant ce type de yoga, "on ne cherche pas à savoir pourquoi on est fatigué, triste, stressé ou malade", poursuit-elle, "mais on utilise les sons pour rééquilibrer sa fréquence intérieure".

À chaque organe sa tonalité

© Unsplash

Selon les zones du corps que l'on cherche à stimuler, Brigitte Rutsaert suggère donc différentes techniques comme le "humming" ou le "bija" qui constituent des ensembles de voyelles ou de syllabes servant à faire vibrer le son à l'intérieur de soi. "Certains sons, sous forme de monosyllabes comme 'ram', 'vam' ou 'lam', font résonner des centres énergétiques précis du corps", explique cette ancienne chanteuse lyrique professionnelle. "Le son 'ou' va par exemple stimuler le bas du dos, ou celui qu'on appelle traditionnellement le chakra racine." Dès lors, en trouvant progressivement les tonalités qui nous correspondent et en utilisant sa propre voix, "le but est d'atteindre un sentiment de bien-être et de recentrage intérieur".

Pour mieux comprendre le pouvoir du son sur notre santé et notre moral, Sylvie Fievet évoque un exemple concret. "Quand on ne va pas bien parce qu'on a passé une mauvaise journée ou qu'on s'est disputé avec quelqu'un, il suffirait d'écouter une chanson joyeuse ou même un billet humoristique à la radio pour constater que notre fréquence vibratoire change", explique-t-elle. "Faites l'expérience ! Qu'il s'agisse de La flûte enchantée de Mozart ou Y'a d'la joie de Charles Trenet, il est parfois difficile de faire la gueule en écoutant certaines musiques alors qu'inversement d'autres mélodies peuvent nous plonger dans un état nostalgique ou mélancolique."

Pour cette psychothérapeute initiée aux pratiques chamaniques, le yoga du son n'est autre qu'une version modernisée de traditions pratiquées depuis des millénaires. "Le son a de tous temps été utilisé dans les traditions spirituelles et dans les rituels de guérison, comme chez les Indiens ou les chamans", souligne-t-elle.

Pourquoi et pour qui ?

À l'instar d’autres thérapies du bien-être, comme la sophrologie, l'acupuncture ou encore le shiatsu, le yoga du son permet donc de se sentir mieux dans son corps et dans sa tête. Alors pourquoi choisir cette pratique plutôt qu'une autre ? Dans une société toujours plus sollicitée par les tentations extérieures, Brigitte Rutsaert insiste sur la nécessité de se reconnecter à soi. "Les gens ressentent progressivement le besoin de reprendre contact avec leur vibration intérieure et de se réapproprier leurs intuitions sonores", affirme-t-elle. À Tervueren, là où elle dirige ses ateliers, ils sont de plus en plus à venir expérimenter cette "thérapie sonore" afin de découvrir ses nombreux bienfaits. Bien que le yoga du son s'adresse à tous les publics, "il s'avère être un outil particulièrement efficace pour les personnes d'ores et déjà sensibles au chant et à la musique", conclut-elle. Dès lors, si le simple fait de chanter sous la douche ou de danser dans votre salon vous fait déjà un bien fou, n'hésitez plus ; le yoga du son est fait pour vous.