Magazine "Je ne suis pas capable", "Je suis nul(le)", "Les autres sont meilleurs que moi", … Ce sont des phrases que vous vous dites souvent ? Vous feriez donc bien de continuer à lire cette chronique, signée Julie Arcoulin.


Mais pourquoi sommes-nous tellement critiques envers nous-mêmes ?


Les origines

Evidemment, passage par la case enfant obligé. Se valoriser, être fier de soi, assumer ses qualités et ses talents, ce n’est pas inné. Si personne ne nous montre l’exemple ou si personne ne nous valorise, il y a peu de chance que nous y arrivions naturellement. Vous l’aurez donc compris, se valoriser, ça s’apprend ! C’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

Le sentiment de valeur se construit au fil du temps, au fil de nos expériences positives et négatives. Si nous grandissons dans une famille qui a tendance à pointer les échecs plutôt que les réussites, ou si nous avons des parents qui, eux-mêmes, sont dans un système d’auto-flagellation, ça ne nous aide pas à nous valoriser.

Je vous le dis souvent, tout est une question de perspective. Les expériences que nous vivons sont, généralement, classées en deux catégories : échecs et réussites. C’est un peu compliqué du coup d’élargir la vision de ce que l’on vit. Si tout doit être classé dans l’une ou dans l’autre catégorie, ça ne laisse pas beaucoup de marge. Notre système pousse donc à ce genre de classification peu valorisante.


Mais pourquoi ?

Tout comportement à une fonction utile. Par exemple :

  • un enfant qui se met en colère et/ou qui pique une crise. Le comportement : piquer la crise. La fonction utile : obtenir quelque chose, faire passer un message…

  • un adulte qui se mure dans le silence lors d’un conflit. Le comportement : le silence. La fonction utile : se protéger, se contrôler, faire passer un message,…

  • quelqu’un qui fuit une situation en buvant, en surchargeant son agenda. Le comportement : la fuite. Le bénéfice secondaire : ne pas affronter ses responsabilités, éviter une situation inconfortable,…

Vous avez compris le principe ? On parle aussi de « bénéfices secondaires » pour déterminer la fonction utile d’un comportement. L’idée est vraiment que tout ce que nous faisons, a une fonction cachée, un (ou plusieurs) bénéfices secondaires.

Donc… la dévalorisation a, elle aussi, des bénéfices secondaires. Voyons lesquels :

  • amener l’autre à nous rassurer : dans certains cas, se dévaloriser est une perche tendue à l’autre afin qu’il nous dise ce qu’on a envie d’entendre. Ce n’est ni bien, ni mal. Mais une fois qu’on en est conscient, on peut changer les choses. Donc, si vous identifiez que vous avez besoin d’être rassuré(e), dites-le sans détour. Une demande claire vaut mieux qu’un chemin détourné qui risque de ne pas être compris par l’autre.

  • Attirer l’attention : si vous n’avez pas eu beaucoup d’attention de vos parents (ou autres figures parentales), il se peut que l’une de vos stratégies de survie soit de vous dévaloriser pour être chouchouté par l’un de vos parents.

  • Ne pas devoir passer à l’action : eh bien oui… Si l’on n’est nul et qu’on le revendique, on a trouvé l’excuse géniale pour ne rien entreprendre, pas vrai ? Donc, se déprécier, se dévaloriser, c’est une bonne façon de ne pas passer à l’action.

Cette liste n’est pas exhaustive, bien entendu. Mais je voulais surtout vous faire part du principe des bénéfices secondaires pour que vous puissiez réfléchir à ce qui vous pousse à vous dévaloriser. À vous de jouer !


Comment sortir de cette manie ?

  • soyez objectif et factuel : est-ce que ce plat que vous pensez avoir raté était si mauvais ? Est-ce que cette présentation que vous avez faite était tellement ratée ? Quels sont les critères sur lesquels vous vous basez ? Interrogez vos croyances négatives.

  • et si c’était quelqu’un d’autre, que diriez-vous ? : que diriez-vous à quelqu’un qui tiendrait le même discours que vous sur lui-même ? Entraînez-vous, soyez l’ami que vous êtes avec les autres envers vous-même.

  • arrêtez de vous comparer : ça ne sert strictement à rien. Aucun être humain sur cette terre n’a le même vécu, le même physique, exactement la même façon de voir les choses. Vous êtes « parfait » comme vous êtes.

  • tout est une question de point de vue : échecs et réussites ne sont que des notions relatives. Changez de perspective, voyez ce que vous pouvez apprendre de ce que vous estimez avoir raté, ayez le même regard bienveillant sur vous que sur vos amis.

Je vous laisse penser à tout ça avec une dernière phrase que j’aime beaucoup, mais qui n’est pas de moi : « Si nous traitions les autres comme nous nous traitons nous-mêmes, il ne nous resterait plus aucun ami ». Kristin Neff

À la semaine prochaine.

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