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Réduire la cellulite, drainer son organisme ou soulager toutes sortes de maux… Nombreux sont ceux qui font appel à la phytothérapie. La pratique a fait ses preuves, mais n’est pas sans risque pour autant.


De tout temps, l’homme a cherché à se soigner et soulager ses maux par les plantes. La phytothérapie connaît aujourd’hui un nouveau souffle dans les maisons. Les consommateurs souhaitent, pour venir à bout de menus problèmes de santé, utiliser une méthode plus douce que la chimie médicale.

“Depuis le début des années 1900, il y a eu pas mal de changements en médecine. On a commencé à faire des médicaments. De nombreuses solutions ont été apportées à des maladies qui ne pouvaient être soignées. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il existe une solution à chaque situation !”, note Luc Vanderkragt, spécialiste des plantes et travaillant pour les laboratoires Ortis. Les traitements à base de plantes et remèdes de grand-mère ont été un peu moins utilisés lorsque les firmes pharmaceutiques se sont développées de manière conséquente et que les officines ont commencé à vendre ces produits en échange d’un avis médical écrit.

Depuis une dizaine d’années, un regain, une plus grande envie d’avoir un recours au naturel est constatée par les pharmaciens et spécialistes des plantes.

“Les plantes sont une alternative à certains traitements chimiques”, poursuit Luc Vanderkragt. “Avant, c’était même les seules ressources médicales. Ce lien avec la nature est important pour la santé.”

Les plantes sont de plus en plus étudiées

Bon nombre de personnes se renseignent sur leurs vertus et tentent de se transformer en parfaits petits botanistes de la pharmacie familiale. Et c’est là que résident deux dangers principaux. D’abord, les plantes et compléments alimentaires (puisque les gélules contenant des plantes sont souvent considérées comme tels) ne remplacent pas les traitements chimiques. Ensuite, à l’instar des médicaments, les plantes qu’on utilise ne sont pas anodines, mieux vaut demander conseil au pharmacien, au médecin et/ou à l’herboriste.

Pour la camomille, reconnaissable à sa fleur et à son odeur, surtout, les consommateurs ne courent pas trop de risques, qu’ils l’appliquent localement ou qu’ils boivent une infusion à base de la plante. Les autres plantes, en revanche, peuvent jouer de vilains tours. “Ils sont nombreux à penser que, comme c’est naturel, c’est sûr à l’usage”, déplore Luc Vanderkragt. “Certains font de la soupe avec ce qu’ils trouvent. Mais il faut une très bonne connaissance. Une fois, une personne a mis de la digitale dans sa soupe. Elle s’était trompée de plante ! Il y a des plantes qui sont dangereuses, qui provoquent des réactions allergiques ou des empoisonnements !”

Base à la cosmétique

Les plantes servent également de base aux produits cosmétiques, mais aussi aux médicaments. À ce niveau, il faut distinguer les compléments alimentaires (vendus sous forme de gélule ou en infusion) des phytomédicaments. La législation, en Belgique, est stricte. La plupart des gélules et autres compléments de phytothérapies sont considérés comme étant des compléments alimentaires. “Ils ne peuvent, en aucun cas, être substitués aux médicaments et à une alimentation saine et équilibrée. Cinq fruits et légumes par jour. C’est la recommandation. Si on respecte ça, on booste déjà notre organisme”, précise le spécialiste des laboratoires Ortis.

Les super-aliments, qui font un tabac pour le moment (chia, ginseng, matcha, baies de Goji, d’açai…), sont également une source inépuisable de découvertes.
“Ce sont de bonnes choses : on s’y intéresse”, conclut Luc Vanderkragt.
“Il y a des modes, c’est vrai. Mais, quand on a quelque chose qui est intéressant, qui provient de l’étranger, on l’étudie. On se demande d’abord si c’est une utilisation par tradition, pour quelles raisons ce produit est utilisé, comment ils extraient les principes actifs qui les intéressent… On voit si des études prouvant les effets et vertus de la plante, de la baie ou racine existent. On les étudie. Il y a beaucoup de plantes. La connaissance de celles-ci augmente de façon phénoménale. C’est un domaine en pleine expansion et très intéressant !”

Que consomme-t-on des plantes ?

 “La plante, les fleurs, les racines… Il y a des principes actifs dans tout !”, se réjouit Luc Vanderkragt. “Il faut les connaître et savoir ce qu’on va extraire pour arriver à tel ou tel effet.”  Comment les consommer ? En infusion, en application locale si la connaissance est suffisamment bonne (ou que le produit provient d’un laboratoire), ou en gélule.