Magazine Marc-Antoine Le Bret promet d’autres dates en Belgique

Marc-Antoine Le Bret est malade et ringard. Attention, ce n’est pas nous qui le disons, c’est lui qui s’autoflagelle dès son entrée sur scène. Malade parce qu’il ne peut s’empêcher d’imiter tout le monde à longueur de journée. De quoi lui pourrir sa vie sociale et sentimentale. Ringard parce que "imitateur", c’est vrai que cela sent un peu la naphtaline. En tout cas, il y a plus sexy pour attirer les foules et les filles.

D’accord pour ceux qui se contentent d’imiter et/ou de parodier des cibles traditionnelles ou vues et revues. Avec ce Breton à tête de "djeunes" mais qui affiche déjà trente printemps, pas de Bourvil, de de Funès, de Gabin ou de Chirac mais des voix de notre époque. De Yann Moix, le chroniqueur-écrivain au phrasé saccadé et au contenu parfois hermétique à Kev Adams, l’éternel gamin, en passant par un Cyril Hanouna plus vrai que nature. Peut-être même mieux que l’insupportable vrai, il virevolte pendant près d’une heure et demi entre les voix, les mimiques et les intonations. Un exploit de tenir un public, très fourni et plutôt jeune pour sa première (mais pas dernière…) date en Belgique à Woluwe Saint-Pierre, car il a choisi de ne pas investir dans un décor somptueux. Une chaise haute, une bouteille d’eau (il se fait applaudir à chaque gorgée, c’est plus sûr…) et une canette de soda.

Il ne nous raconte pas vraiment une histoire mais chaque saynète présentée sous la forme d’un stand-up, nous emmène vers des références incontournables, modernes et issues en grande partie de la culture télé. Une Geneviève de Fontenay qui dévoile sa vie sexuelle mouvementée. Un Julien Lepers pour lequel on dit oui, oui, oui, et encore oui. Un Drucker au ralenti. Mais aussi un peu (pas trop) de politique. Si Marc-Antoine Le Bret, avec un nom pareil c’est évidemment d’origine, perce actuellement, il le doit forcément à des coups de pouce de la profession. Notamment son exposition médiatique lors de ses passages chez Laurent Ruquier dans On n’est pas couché. Passages très réussis qui, inévitablement, attisent la curiosité des spectateurs.

À Woluwé (il éprouve quelques difficultés à le prononcer mais on lui pardonne…), il a transformé l’essai, notamment en jouant avec un public très complice, car la scène, c’est encore un autre exercice qu’une chronique de trois minutes en radio et en télévision. Tout l’art de l’imitateur, c’est de se renouveler. Tant dans les voix que dans les textes.

Jean-Marc Ghéraille