Magazine

Il a beau avoir photographié des Princes du Moyen-Orient et des célébrités, Benoît Mahaux se considère toujours comme un artisan. Ancré dans son studio au Thier de la Chartreuse, à Liège, cet artisan de l’image savoure les sourires de tous ces « Monsieur et Madame Tout-le-Monde » dont il réalise le portrait avec finesse et professionnalisme.

L’ère des réseaux sociaux aurait-elle définitivement remis le portrait au goût du jour ? Pour le photographe liégeois Benoît Mahaux, c’est oui, sans hésiter ! « Le grand public est de plus en plus sensible au portrait, et surtout, il a moins peur qu’avant de l’objectif. »

Aujourd’hui, les experts en communication le répètent : une belle photo de profil vaut souvent mieux que cent mots bien tournés… Mais autant le dire tout de suite : un selfie pris avec un téléphone portable n’est pas une photo ! Pour Benoît Mahaux, un portrait de qualité est fait pour durer, pour laisser une trace, « un peu comme la peinture d’un artiste. »

En 25 années de métier, Benoît Mahaux a photographié des tas de célébrités, des hommes politiques, de nombreux patrons d’entreprises et sportifs de haut niveau… Il s’est également fait une solide réputation dans le milieu industriel, l’horlogerie, la mode… « Une de nos caractéristiques est de pouvoir monter un studio n’importe où. Nous disposons de 40.000 joules d’éclairage, soit plus que certaines agences photos renommées ! »

Par la force des choses, plus de 30% de son travail est réalisé à l’étranger et bon nombre de clients arrivent par le bouche-à-oreille. « Quand on fait un portrait, on entre dans un certaine intimité avec les gens qu’on photographie, si bien que je peux dire que j’ai aujourd’hui plus d’amis que de clients. »

« Mais ce n’est pas parce que j’ai photographié des célébrités que j’ai la grosse tête », précise-t-il. « Je ne suis pas un collectionneur de trophées mais un artisan, et je revendique le fait d’être Liégeois avant tout. » Après avoir tiré 5.000 photos en 3 jours pour une personnalité, Benoît Mahaux se délecte des portraits « d’anonymes » réalisés dans son studio comme d’un bon dessert. « J’aime les gens ! Je prends du plaisir à les mettre à l’aise et à les rendre au mieux au travers de mes photos. Mon plus beau paiement, c’est leur sourire », confie-t-il.

© Mahaux Photography

Un shooting photo, ça fait du bien

Benoît Mahaux en est convaincu : un shooting photo est bon pour le moral ! « Certaines personnes ne sont pas à l’aise avec leur corps ou pensent qu’elles ne sont pas belles. Mais ce n’est pas vrai ! Il est toujours possible de mettre quelqu’un en valeur sans tricher. » Le photographe déteste Photoshop. « Je préfère travailler avec la lumière. Pour moi, il est important que la photo reste authentique. Parfois, je pourrai accentuer certaines rides pour donner plus de puissance au portrait. Mais je fais toujours cela avec les gens. Nous travaillons ensemble. »

© Mahaux Photography

Des clients créatifs !

Souvent, son travail est cadré par des cahiers de charges très précis, provenant des agences de pub ou de services de communication d’entreprises. Mais parfois, une opportunité d’explorer un terrain plus créatif se présente, et c’est la cerise sur le gâteau… « Récemment, un ingénieur français m’a fait une demande un peu particulière. Il avait deux photos de ses ancêtres en habits militaires, trouvées dans le grenier de sa grand-mère. Cela faisait deux mois qu’il ne se rasait plus en vue de faire un portrait qui ressemble à ces photos. Puis il a offert ses portraits à ses parents. J’ai trouvé sa démarche vraiment intéressante ! »

© Mahaux Photography

Je rêvais de photographier des hauts-fourneaux

Son amour pour ce métier, Benoît Mahaux le puise dans ses origines. Ils étaient sept enfants, trois sont devenus photographes… « Mon père avait un studio et réalisait 90% de son travail dans l’industrie. Je le voyais photographier les hauts-fourneaux et je rêvais de le faire aussi ! »

Mais avant de pouvoir photographier son premier haut-fourneau, Benoît Mahaux a dû attendre 20 ans et passer par quelques chemins détournés. « Au début, mon père me disait que la photographie n’avait pas d’avenir. Aujourd’hui, ça fait plus de 25 ans que je photographie ! »

Et quand il n’est pas en train de photographier, Benoît Mahaux s’attèle à retaper son studio installé dans un bâtiment classé - les écuries du couvent de la Chartreuse -, pour lequel lui et son épouse ont eu le coup de foudre en 2006, et qu’ils ont complètement réaménagé en un espace qui transpire la passion et la générosité.

Plus d’infos : www.mahaux.com