Magazine Les probiotiques, nous dit-on, sont bons pour la flore intestinale et le ventre, mais aussi pour l’humeur, l’immunité, les infections… Bref, la santé en général. Toutes ces affirmations sont-elles fondées ? Et parmi les innombrables souches, quelles sont celles dont on peut attendre un effet ? Réponses d’experts.

Ils reconstituent la flore pendant un traitement antibiotique

Vrai  Les experts sont formels : sachant les effets délétères des antibiotiques sur le microbiote (nom que les scientifiques donnent désormais à la flore intestinale), les probiotiques, qui peuvent aider à restaurer son équilibre, ont tout à fait leur place. Plusieurs souches de bonnes bactéries ont démontré leur efficacité dans la prévention des diarrhées liées à la prise d’antibiotiques : Lactobacillus rhamnosus GG, Bifidobacterium longum, ainsi que Saccharomyces boulardii. "Il faut les prendre dès le début et tout au long du traitement antibiotique, en évitant les formules qui contiennent aussi des prébiotiques du type FOS ou inuline, qui risquent d’aggraver la diarrhée" , précise le Pr Marie-Bénédicte Romond. Quant à continuer à prendre des probiotiques qui combinent plusieurs souches afin de restaurer la diversité de la flore, cela semble logique, mais ce n’est pas démontré.

Ils limitent les symptômes d’une gastroentérite

Vrai Une méta-analyse publiée en 2015 a confirmé l’efficacité de la souche Lactobacillus rhamnosus GG contre les diarrhées liées à une gastroentérite, avec non seulement une réduction de leur durée mais également de leur intensité, aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant. En 2014 déjà, plusieurs sociétés savantes européennes pédiatriques avaient souligné tout son intérêt dans cette indication chez l’enfant, au même titre que la levure Saccharomyces boulardii (Ultra-Levure), en complément des mesures diététiques.

Ils soulagent les symptômes du syndrome de l’intestin irritable

Vrai Certains ont montré par des études cliniques contre placebo qu’ils réduisent les douleurs, ballonnements et inconfort intestinal chez ceux qui souffrent de ce syndrome, et améliorent leur qualité de vie. Toutefois, pas chez tout le monde ni avec les mêmes résultats : "Ces personnes représentent une population très hétérogène , analyse Philippe Langella. Il faut souvent essayer plusieurs formules et compter au moins 4 semaines de traitement pour juger des effets."

Ils peuvent améliorer l’humeur

On n’en sait rien   "Il y a des études en cours qui visent à trouver des souches capables, via leur effet sur la flore, de réguler la sérotonine, hormone de l’humeur , précise le Pr Romond. Et d’autres, dans les pays nordiques, où l’on teste des probiotiques dans la prévention de la dépression, particulièrement fréquente dans ces régions en raison du manque de lumière à certaines périodes de l’année. Mais il faudra attendre les résultats pour en tirer des conclusions."

Ils renforcent l’immunité avant l’hiver

Pas sûr   "C’est un domaine de recherches très actif, avec de nombreux travaux en cours, mais pas encore de résultats probants qui pointent vers une souche particulière" , souligne le Pr Romond.

Ils préviennent les récidives d’infections vaginales et urinaires

Vrai "Nous savons que ces maladies sont très souvent liées à un déséquilibre de la flore vaginale , dit le Dr Jean-Marc Bohbot. Et nous disposons d’études cliniques solides démontrant que des femmes traitées par voie vaginale avec certaines souches de lactobacilles font deux moins de récidives que celles traitées avec un placebo. En particulier, Lactobacillus crispatus pour les vaginoses bactériennes ou les cystites, et Lactobacillus rhamnosus pour les mycoses."