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Sylvie, sur son blog Zéro Carabistouille partage ses recherches, ses bons plans et ses réflexions en matière de "zéro déchet". Dans ses carnets de route, elle nous raconte, à sa manière très personnelle, comment aborder les différents challenges dans lesquels sa famille s'est lancée depuis qu'elle a pris la décision de s'engager vers le "zéro déchet".

Il nous semblait important de partager sa vision des choses et suivre son expérience grandeur nature pour s'en inspirer, de tout... Cette semaine, Sylvie raconte comment la Corse lui est apparue sous un nouveau et triste jour.


Je vais vous parler de nos dernières vacances, celles que nous avons passées en Corse et qui ont été un chamboulement tant par la beauté du paysage que par les dessous de celui-ci. La Corse est magique : mélange de montagnes et de mer, nature et vie sauvage, grands espaces, météo au top. Un doux rêve, et pourtant…

Dès notre arrivée dans ce paysage magnifique, nous avons été effarés de voir la quantité de déchets qui jonchaient les bas-côtés des routes. On aurait pu croire à un cas isolé mais malheureusement, ça ne l’était pas. Au gré des kilomètres, cette réalité n’avait de cesse de se confirmer.

Lorsque nous sommes arrivés sur la plage de Porto, quel ne fut pas notre étonnement de voir une mer pleine de plastique, bien loin des clichés que l’on peut voir dans les guides et magazines touristiques. Nageant paisiblement ou se dorant sur le sable fin, des touristes heureux en plein milieu de ces détritus. Drôle (à pleurer …) d’image que cette réalité surréaliste.

Je savais que nos océans étaient terriblement touchés par les déchets mais le voir là dans un paysage si féerique, m’a rappelé ô combien notre nature subit notre soif de « toujours plus ».

Lorsque nous nous sommes rendus sur les îles Lavezzi (près de Bonifacio), site naturel préservé, le constat fut le même. Au bord d’une plage paradisiaque à l’eau transparente et bleue azur, un sable composé de microparticules de plastique mais aussi des déchets dans les fonds marins et sur les bords de plage.


Des chiffres à faire pâlir

© ZéroCarabistouille

Hydrocarbures, produits chimiques, microparticules de plastique et même des déchets radioactifs, on trouve de tout dans les océans*. Les plages du monde entier sont aujourd’hui infestées de déchets, dont 90 % sont du plastique, avec des conséquences dramatiques sur la faune et la flore. Plus de 2 millions de mammifères et oiseaux par an meurent d’avoir mangés du plastique. A ça s’ajoute le cercle vicieux de l’ingestion du plastique par les animaux que, nous humains, allons mettre dans notre assiette… (je vous laisse imaginer la suite …)

Cette vérité existe aussi chez nous mais voir une telle beauté subir de plein fouet les conséquences de la bêtise consumériste m’a littéralement donné un coup de massue.


Se mobiliser pour un monde plus propre

© ZéroCarabistouille

Sur cette même plage de Porto, nous avons pu aider Eliot, 12 ans, à récolter les déchets flottants au moyen de sa paddle pour éviter que ceux-ci ne continuent à se répandre dans la mer. Un acte volontariste, plein de sens.

Fort heureusement, par l’engagement de plus en plus de citoyens qui se tournent vers un mode de vie sans déchet mais aussi des projets comme The Ocean Cleanup, d’un jeune étudiant néerlandais qui ambitionne de nettoyer les océans, permettrons-nous un jour de limiter (ou stopper, il faut y croire) la contamination de notre belle planète ?

(*) Source : https://www.consoglobe.com/plastiques-petrole-oceans-agonisent-dechets-1733-cg