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Pétillante, belle, intelligente, ouverte sur le monde, ambitieuse, Jessy Mboumba incarne toutes les qualités d'une Miss. Mais, elle est bien plus encore... Entretien. 

En octobre dernier, Jessy Mboumba est couronnée Miss Africa Belgium 2015. Un concours qui a sa place dans notre pays puisqu'il représente cette jeunesse issue de l'immigration qui vit et travaille en Belgique. Depuis trois ans, une jeune femme est chaque année élue pour sa beauté, mais certainement pas que pour ce critère. L'objectif de cet événement, c'est surtout de désigner une ambassadrice pour l'asbl Safari des Anges (qui vient en aide aux enfants défavorisés). Mais aussi une représentante de la culture africaine dans toute sa diversité.

Terriblement motivée, le cœur sur la main et débordante d'ambition pour les autres comme pour ses projets de vie, Jessy incarne parfaitement ces critères. Avec sa famille, elle a dû fuir son pays de naissance, le Congo, à cause de la guerre. Après quelques années passées en France, tout le monde s'installe en Belgique, à Liège plus précisément. C'est ainsi que la jeune femme de 25 ans a étudié la biologie médicale et travaille aujourd'hui en tant que technologue de laboratoire à l'Ulg. Elle nous parle de ce concours qu'elle n'aurait jamais imaginé remporter, de l'association dont elle est la porte-parole, et de ses rêves...


© S.C


Jessy Mboumba, qu'est-ce qui vous a poussé à vous inscrire au concours Miss Belgium Africa ?

Toute petite, je voulais être Miss Congo pour représenter les femmes de ma culture. Mais, c'était juste un rêve de petite fille qu'on oublie très vite. Seulement ma famille, elle, n'a jamais oublié. Plusieurs fois, on m'a parlé de ce concours, mais je me suis dit que ce n'était pas pour moi. Je restais bloquée avec l'image qu'on se fait des Miss. Pour finir, à force de m'en parler, je m'y suis intéressée et j'ai vu que ce n'était pas qu'un concours de beauté. La cause de l'asbl me tient vraiment à coeur. Je me suis dit que c'était aussi l'occasion de représenter mon pays d'origine, mon héritage culturel, mais également la Belgique qui m'a accueillie, deux aspects de ma personnalité.

Qu'avez-vous ressenti en remportant le concours ?

J'étais euphorique, je n'en revenais pas. Je me suis inscrite à ce concours en me disant que je serais utile à une cause. Cela me motivait, mais je ne m'attendais pas à gagner. Je ne savais pas où je mettais les pieds. Au fur et à mesure, je me suis rendue compte que c'était possible et je me suis d'autant plus investie. Et comme on dit, le travail paie.


© Miss Africa Belgium


Que pensez-vous d'un tel concours, vous qui incarnez désormais une Miss ?

C'est un concours cosmopolite. C'est vraiment encourageant car il représente à la fois mon continent d'origine, mais aussi une partie de la Belgique, souvent peu représenté dans les autres concours de Miss, auxquels beaucoup ne s'identifient pas. La Belgique, c'est un pays cosmopolite, multiculturel, ce serait dommage de ne pas l'afficher. Plus les années passent, plus Miss Africa Belgium se fait connaître. Et j'encourage vivement ce genre d'événement. A travers les concours de Miss, il y a un potentiel énorme et par les temps qui courent, on a vraiment besoin d'entraide, de solidarité. Cela apporte de l'optimisme !

Parlez-nous de l'asbl Safari des Anges. Et de votre implication ...

C'est une association qui vient en aide aux enfants défavorisés en Belgique, comme en Afrique. Elle existe depuis sept ans. Sa fondatrice, Jeanne Cremer, souhaitait augmenter sa visibilité et apporter des fonds. Elle a donc créé le concours de Miss. L'objectif, c'est de pouvoir organiser des sorties, des rencontres pour les enfants et aider ceux qui sont en difficulté scolaire. En Afrique, il s'agit aussi de rééquiper des écoles et d'en construire. Je vais, par exemple, partir bientôt au Kenya dans le cadre de ma campagne de sensibilisation à l'enfance. Le début du projet s'est déroulé en Belgique. Je me suis rendue dans des hôpitaux pour distribuer des cadeaux aux enfants. On y a tourné de petites vidéos pour pouvoir les montrer ensuite aux enfants kényans à qui on apportera aussi tout plein de petits présents. J'ai également demandé à plusieurs personnalités de leur adresser un message de soutien et d'offrir un objet qui symbolise quelque chose pour elles.




D'autres projets que le Kenya pour cette année en tant qu'ambassadrice ?

Des tas ! Pour en citer quelques-uns, je vais retourner sur les bancs de mon ancienne école secondaire (et d'autres aussi) pour sensibiliser les jeunes. Je suis invitée à des tas d'événements comme des défilés et des fashion weeks, mais aussi des ateliers culinaires, la remise du Soulier d’Ébène dans le football belge, et tout ce qui touche la communauté africaine. Et puis avant le gala de Miss Africa Belgium 2016, je pars au Portugal avec les finalistes du concours. Mais j'essaie aussi et surtout de me concentrer sur ma campagne.

Qu'est-ce que vous attendez de votre notoriété de Miss ?

Je rencontre des tas de personnes intéressantes et stimulantes. Pour y arriver, c'est vrai que la notoriété, ça aide. Je suis invitée à des événements auxquels je n'aurais jamais pu participer sans cela. Je m'attendais à un monde de paillettes, mais cela m'a surtout ouvert des portes. Et j'apprends énormément sur moi-même.

Un rêve ?

Je rêve d'ouvrir un laboratoire au Congo. Dans le pays, l'accès aux médicaments et aux analyses médicales est difficile. En voyant justement toutes les opportunités qui me sont présentées, je pense de plus en plus pouvoir réaliser un jour ce beau projet.

© Miss Africa Belgium