Magazine Dans treize pays du monde, l'indice de masse corporelle (IMC) moyen est supérieur à 30 et onze d'entre eux sont des îles.


L'obésité, soit l'indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30, touche de plus en plus d'individus sur Terre. Une étude publiée par la revue médicale The Lancet et relayée par Slate.fr montre que les chiffres de personnes en surpoids concerne d'autant plus les îles du Pacifique. Déjà en 2017, le Monde pointait que près de la moitié de la population des îles du Pacifique était considérée comme obèse. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) tirait déjà la sonnette d'alarme, en dévoilant des chiffres montrant que les dix pays comptant la plus importante proportion de personnes en surpoids se trouvaient dans les îles du Pacifique. En août dernier, le chef du gouvernement des Tonga, avait même enjoint sa population à participer à un concours de perte de poids.

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Quelle(s) cause(s) à ce phénomène?

Parmi ces îles, celles de Nauru (avec un IMC moyen de 35,03!), Cook, la Polynésie française, les Tsonga, Samoa, Palau, les Bermudes, Puerto Rico ou encore Saint Kitts et Nevis. Autrement dit, parmi les treize pays du monde qui sont frappés par l'obésité, onze sont des îles.

Un constat troublant et inquiétant, qui a éveillé la curiosité des chercheurs de The Lancet. Pourquoi les îles sont-elles davantage peuplées d'individus en surpoids? Selon eux, une combinaison de facteurs sont à pointer: le régime alimentaire, le mode de vie, la culture, et... la mondialisation, dont la part de responsabilité serait la plus grande.

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En quoi? Et bien l'explication serait à trouver du côté de l'industrialisation très tardive d'une grande partie des îles du Pacifique. Jusqu'au milieu du 20e siècle, les sociétés traditionnelles de ces péninsules dépendaient encore largement de l'agriculture et de la pêche, tandis que la plupart des terres continentales avaient déjà vu l'industrialisation frapper leurs sociétés quelque 50 ans plus tôt. L'arrivée des militaires américains, français et britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale a provoqué un profond bouleversement sociétal au sein de ces îles, qui s'ouvraient alors au mode de vie occidental. L'industrialisation massive n'aurait débarqué dans les îles du Pacifique que pendant les années 1970. Autrement dit, selon les chercheurs, la transition vers la "modernité" aurait été trop brusque et trop rapide.

Sucre, sodas, bière

En quelques années, le régime alimentaire traditionnel, composé de poisson, de fruits et de légumes était remplacé par la nourriture importée, composée de riz, de sucre, de farine, de sodas et de bière. La viande en conserve est apparue et les chaînes de fast-food se sont installées, parallèlement à l'industrie touristique.

Mais l'explication ne s'arrête pas là. Des chercheurs ont établi que le corps des insulaires serait en réalité génétiquement programmé pour stocker plus de gras. Une prédisposition de mère-nature, qui gardait tout son sens lorsque la météo des îles induisait des périodes de famine et un travail physique important, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Ce facteur génétique serait donc à l'origine de cette tendance à prendre du poids, observée chez les peuples insulaires. Le facteur culturel n'est pas non plus à négliger, puisque l'obésité est souvent considérée comme attirante dans les sociétés des îles du Pacifique, rappelle Slate.

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L'obésité est cause de diabète chez 45% de la population adulte sur l'île de Nauru. Conséquence, l'espérance de vie qui était en perpétuelle augmentation durant des décennies, stagnerait aujourd'hui.