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Je suis ravie de vous retrouver pour ces chroniques qui deviennent bimensuelles. J’espère que vous avez profité de l’été pour ralentir le rythme et prendre du temps pour vous… Mais est-ce possible lorsque l’on est un travailleur indépendant, un entrepreneur ? Réflexions, chiffres et conseils pour cette chronique de rentrée.


Le burn-out, qu’est-ce que c’est ?

Je vous en ai déjà parlé lors de chroniques précédentes, je ne vais donc pas m’appesantir trop sur le sujet. Un brun-out est un syndrome d’épuisement physique et psychologique. Il a souvent été associé au travail, mais on sait aujourd’hui qu’un burn-out est multifactoriel.

En fait, si on se laisse envahir par le travail, si on ne met pas de limite, si le stress nous ronge au boulot, il y a fort à parier que ce sera le cas également en ce qui concerne les soucis privés. Dans ma pratique, je remarque que les personnes qui font un burn-out ont un mode de fonctionnement global, qu’elles appliquent aussi bien à la maison qu’au boulot :

  • une énergie débordante

  • des idées plein la tête

  • une résistance au stress

  • incapacité à mettre ses limites

  • importante charge mentale au travail et à la maison

  • une hypersensibilité

  • un grand perfectionnisme

  • des tas de projets et d’activités en même temps

Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive. Elle sert simplement à vous montrer qu’il s’agit d’une façon de fonctionner au travail et à la maison qui rend le terrain propice au burn-out.


Le statut d’indépendant/entrepreneur

© Photo by Hello I'm Nik on Unsplash

Lorsqu’on est indépendant et/ou (petit) entrepreneur, la pression est d’autant plus importante que l’on est seul à faire tourner la boutique. Les responsabilités, les engagements, la recherche de nouveaux clients, la charge émotionnelle sont autant de choses qui s’accumulent et la difficulté de s’arrêter n’arrange rien.

Bien souvent, les travailleurs indépendants sont en pensées avec leur travail quasiment 24/7. Les technologies ne les aident pas non plus à débrancher (tout comme les salariés, n'en doutons pas). Quand on lance son activité, quand on est en croissance, quand on stagne, quand le chiffre d’affaire diminue, chaque étape du cycle entrepreneurial comporte son lot de tracasseries et de ruminations.

Là où, en entreprise, le travail est divisé en services (le servie RH, le service comptabilité, le service social, le service mobilité,…), pour un indépendant (en fonction de son activité) c’est lui qui fait tout. En tout cas, au moins, dans un premier temps. Il y a aussi, évidemment, le stress de « si je ne travaille pas, je ne suis pas payé » qui ne simplifie rien.

Le burn-out arrive après des périodes de stress chronique, des deadlines nombreuses et simultanées, une trop grande charge émotionnelle, une trop longue période de travail sans interruption,… Beaucoup d’indépendants vivent ce genre de situations en permanence. Comme ils sont seuls à garantir leurs revenus, l’arrêt est souvent difficile à envisager. Ils préfèrent donc ne pas prêter attention aux symptômes. Mais cette politique de l’autruche n’est pas un bon calcul à long terme.

La santé des indépendants est trop souvent négligée. Autant par eux-mêmes que par les ministères concernés.


Quelques chiffres

Une enquête organisée par la Mutualité Libre indique que :

  • 82% des indépendants travaillent plus de 8h/jour.

  • 54% prennent rarement des vacances

  • 73% travaillent le soir et le week-end

  • 63% pratiquent un loisir une seule fois/semaine


Difficile de lever la tête du guidon et de se rendre compte qu’on tire sur la corde. Une autre étude, de Bourdeaud’hui et Vanderhaeghe, montre qu’une charge de travail trop élevée représente la problématique la plus importante en matière de fatigue psychique chez les indépendants, touchant 4 indépendants sur 10. Ce qui multiplie par 5 le risque de souffrir d’une fatigue psychique importante.

Une enquête de Securex montre que 4 indépendants sur 5 trouvent que leur métier est trop lourd émotionnellement. Il y a donc de réels enjeux quant à la santé et au bien-être des travailleurs indépendants. Institutions et indépendants devraient travailler ensemble afin de trouver de vraies solutions.


Quelles solutions ?

© Photo by Nick Karvounis on Unsplash

Il est toujours difficile d’énoncer des solutions qui fonctionnent pour tous, universellement. Je dirais qu’être attentif, écouter son corps, écouter son entourage qui repère bien souvent plus vite les signes est déjà une bonne étape.

Faites-vous aider/accompagner pour trouver des solutions adaptées à votre activité, pour conserver un équilibre vie privée/vie professionnelle et pour vous lever la tête du guidon.

C’est aussi une affaire de santé publique, il serait temps que ça bouge un peu. Mais là-dessus, nous n’avons pas beaucoup de prise.

Il y a aussi beaucoup d’indépendants victimes de ce que j’appelle « l’angoisse de l’indépendant ». Beaucoup de croyances circulent sur ce statut. « On ne peut pas prendre de vacances en tant qu’indépendant », « Si on ne travaille pas, pas de rentrées », « On paye beaucoup d’impôts »,… Ces croyances sont véhiculées depuis très longtemps et sont trop peu remises en question. Nous connaissons tous, de près ou de loin, un entrepreneur qui a fait faillite. Ce qu’on connaît moins, c’est pourquoi. Est-ce une mauvaise gestion ? Un accident ? De réelles difficultés ? Prenez du recul par rapport à ce que l’on raconte et optimisez votre business model le mieux possible.

Veillez à faire 24h de pause, au moins une fois par semaine. Il y a un tas de possibilités pour automatiser certaines choses, déléguer, débrancher. Bien souvent, c’est surtout l’autorisation de le faire qui manque.

Il est primordial de prendre soin de vous afin de tenir sur la longueur. Travailler sans arrêt est un mauvais calcul à long terme. Si vous êtes au début de votre activité, prenez tout de suite de bonnes habitudes. Votre santé est aussi un outil de travail !

Je vous retrouve dans 15 jours.


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