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Alors que la rentrée est amorcée, Géraldine Hennixdal, psychologue et coach spécialisée en psychologie positive fait le point sur la surcharge de travail et l'épuisement, des maux qui guettent tant de travailleurs.


Voilà le tableau : vous avez passé de superbes vacances, reposantes, ressourçantes, d’agréables souvenirs remplissent encore votre tête, vous affichez fièrement ce superbe teint hâlé qui vous va si bien et que vos collègues vont vous envier.

Cette année, vous la sentez bien cette rentrée. Vous êtes en pleine forme, votre niveau d’énergie est à son maximum et vous avez songé aux bonnes résolutions que vous allez mettre en place pour ne plus être débordé. Yes !

Et pourtant, pour certains, il n’a pas fallu 3 jours de travail pour que tout s’écroule, pour se retrouver dans le même état de fatigue d’avant les vacances estivales et se surprendre à lorgner les prochains congés…

Il peut y avoir beaucoup de raisons au fait que vous soyez fatigué et débordé au travail. Une des plus courantes est la surcharge du volume de tâches à effectuer. Intéressons-nous à un outil facile à pratiquer pour vous aider à décider si vous êtes dans de bonnes conditions pour accepter du travail supplémentaire.


L’inévitable surcharge de travail ?

Durant mes consultations, j’entends régulièrement les clients me raconter qu’ils sont surchargés et qu’ils doivent en faire toujours plus, avec le minimum de moyens. C’est un fait, de nombreuses entreprises pressent leurs travailleurs en augmentant la rentabilité et le volume de travail.

Toutefois, lorsque l’on creuse les expériences vécues, il m’arrive de constater que certaines personnes acceptent des tâches supplémentaires, alors qu’elles ne sont pas en mesure de le faire. Les raisons de cette acceptation sont diverses et personnelles: la peur de perdre son emploi et d’être catalogué comme étant paresseux et démotivé, la crainte de passer pour quelqu’un d’égoïste aux yeux des collègues, une pression malsaine exercée par le management…

Parallèlement à toutes ces (bonnes ?) raisons, certains clients me confient qu’ils ne savent tout simplement pas comment dire non…

Je précise que je ne parle pas ici de situations de crise ou exceptionnelles qui demandent à chacun de fournir un effort supplémentaire. Je parle de ces équipes où la surcharge est devenu le quotidien.


Les bonnes questions à se poser avant d’accepter ou de refuser

Lorsque vous êtes face à une demande, le premier principe à mettre en place est de différer votre réponse, pour y réfléchir. C’est l’astuce qui permet de passer la requête à travers votre filtre et de donner une décision franche, assumée et sincère. Evidemment, choisissez un délai raisonnable et réaliste. Si la personne vous demande de l’aide, c’est qu’il en a besoin et ne le faites donc pas attendre pendant trois jours. Un simple « Je ne peux pas te répondre tout de suite mais je le fais sans faute dans la demi-heure » est acceptable.

  • La première question à se poser est : « Est-ce que mon interlocuteur a formulé clairement et explicitement une demande d’aide ? » ou a-t-il simplement laissé sous-entendre qu’un petit coup de main serait le bienvenu ? Eh oui, il suffit parfois d’entendre un long soupir déchirant émanant d’un collègue, chuchotant son désarroi devant sa masse de travail pour que celui-ci voit apparaître, presque de manière magique, une personne dévouée et prête à le soulager de tous ses maux. C’est également lors de cette première étape que vous allez clarifier la demande pour avoir plus de précision sur ce que l’on attend exactement de vous.

  • Partons du principe que la demande de votre interlocuteur est claire, nette et précise : il vous demande de l’aide dans un contexte bien déterminé. La deuxième question à vous poser est : « Est-ce que j’ai le temps de répondre à cette demande ? ». Effectivement, celle-ci peut être conséquente et mettre à mal la réalisation de vos propres objectifs. Le but est d’éviter de vous retrouver en difficulté par rapport à vos délais personnels et à la réalisation de vos tâches. Ce serait un étrange cercle vicieux que vous soyez obligé de solliciter l’aide d’un collègue à votre tour…

  • La demande est claire et vous avez le temps d’y répondre. La troisième question à vous poser est : « Est-ce que j’ai les compétences pour y faire face ? ». Imaginez-vous avec une tâche supplémentaire que vous avez réussi à caser dans votre emploi du temps mais que la réalisation de celle-ci vous demande de nombreuses recherches car vous n’avez pas l’habitude d’y travailler. Vous risquez d’allonger le délai que vous avez estimé et d’augmenter la probabilité d’erreur par votre inexpérience.


Visons la durabilité pour tous

Vous l’aurez bien compris, si vous répondez « non » à l’une de ces trois questions, ce n’est probablement pas une bonne idée d’accepter la demande.

Dans votre entreprise, personne ne gagne à ce que vous soyez noyé par une surcharge de travail et que vous vous sentiez continuellement débordé par la masse de travail. C’est d’ailleurs l’une des raisons de l’épuisement professionnel. De votre côté, vous risquez de vous sentir en mal-être et de là, de vous retrouver en incapacité de travail ou de prendre la décision de démissionner. Du côté de l’entreprise, le report de la surcharge de travailleur en travailleur n’est pas une stratégie durable. Ce n’est probablement pas sur cette voie que se trouvent les travailleurs engagés et contents de contribuer à remplir les objectifs communs.


La réalité de la vie quotidienne en entreprise n’est pas toujours facile mais il est également de votre responsabilité de mettre des limites. La prévention contre le stress au travail n’incombe pas uniquement à votre employeur…