Magazine Les médicaments courants du rhume exposent à des effets indésirables, parfois graves. Pourtant, il existe d’autres solutions, aussi efficaces et plus sûres si on respecte certaines précautions. Voici les conseils de Nathalie Belin, docteur en pharmacie.

À la première alerte

On privilégie un spray d’eau de mer. C’est la base d’un traitement du rhume : il nettoie, élimine les microbes et, en raison de sa richesse en minéraux, régénère les cellules ciliées du nez, véritables défenses locales. Si les symptômes débutent (picotements), on utilise en complément un spray nasal d’action mécanique, composé de grosses molécules issues de plantes, qui tapisse la muqueuse et empêche l’adhésion des virus. Si le nez coule ou est bouché, on choisit des formules à la fois décongestionnantes et anti-infectieuses. Les plus courantes associent une eau de mer hypertonique (plus salée que l’eau de mer isotonique) à des extraits de plantes ou des huiles essentielles de ravintsara ou de niaouli, antivirales, et d’eucalyptus ou de thym pour le confort respiratoire. En pratique, on nettoie avec l’eau de mer puis on utilise le spray.

En cas de congestion nasale importante

On préfère un spray fortement hypertonique. Certains sont à base d’eau de mer très concentrée en sel (3 %), et associée à des huiles essentielles. D’autres renferment du glycérol ou des extraits de plantes riches en tanins qui décongestionnent la muqueuse nasale.

Si les symptômes sont gênants ou associés à de la fièvre, des maux de tête ou une toux

On ajoute un traitement oral pendant 5 à 7 jours. Les huiles essentielles antivirales (ravintsara, niaouli, arbre à thé) et anti-infectieuses pour les voies respiratoires (thym, pin sylvestre, eucalyptus, giroflier) agissent en général assez vite. Si on ne peut pas les utiliser, on peut se tourner vers l’échinacée, une plante dont l’usage dans le traitement du rhume est bien établi. D’autres plantes ont un usage traditionnel reconnu pour soulager les symptômes du rhume ou la toux : les extraits de thym, d’eucalyptus, de sureau noir et de Pelargonium sidoïdes (une espèce de la famille des géraniums). Ces derniers entrent d’ailleurs dans la composition de médicaments.

Les huiles essentielles sont toutefois déconseillées

En automédication, par voie locale ou orale, en cas d’asthme et d’antécédents de convulsions. Elles s’utilisent avec précaution avant l’âge de 7 ans. L’échinacée est, elle, déconseillée en cas de déficit immunitaire (infection par le VIH, maladies auto-immunes, traitement anticancéreux…) et par prudence avant 12 ans. Les extraits de pélargonium sont à éviter en cas d’atteinte hépatique ou de prise d’un médicament anticoagulant.