Magazine Multiplier le nombre de jouets pour un enfant ne favorise pas spécialement son épanouissement.


Le coffre à jouets, voir même la salle de jeux de vos enfants croule sous les jouets et pourtant ils ne cessent de répéter qu’ils s’ennuient et qu’ils connaissent par cœur tous leurs jeux. Effectivement, si un enfant dispose d’une multitude de jouets il ne cherchera pas à l’utiliser au-delà de sa fonction initiale.

L’enfant prend le temps d’étudier l’objet et active sa créativité

"Lorsqu’un enfant n’a qu’un jouet, il va faire plein de choses avec ce jeu. Il va l’investir de toutes les manières qu’il peut", explique Véronique Lezaca, psychologue, spécialiste des enfants et adolescents. "Si on donne une cuillère en bois à un enfant, très vite il va se rendre compte qu’il peut faire du bruit avec, que s’il tape sur la table ou sur le fauteuil le bruit sera différent. Il va s’amuser de cela. Elle devient alors autre chose qu’une simple cuillère en bois." L’enfant a alors pris le temps d’étudier l’objet dans tous les sens ce qui a activé sa créativité. Pour enclencher cette dernière il est plus judicieux d’offrir des jouets simples, sans trop de fonctions. "Les jeux qui font du bruit ne sont pas toujours nécessaires. Souvent, il y a trop d’informations : différentes formes, du bruit, des couleurs. L’enfant ne sait pas comment s’y prendre, il peut alors facilement s’en désintéresser", ajoute-t-elle. Face à des jeux trop complexes, l’enfant peut vite être perdu.

Les jeux en bois, une valeur sûre

Les jeux en bois restent de très bons vecteurs de créativité pour l’enfant. "Les kaplas c’est tout bête mais il est possible de faire plein de choses avec, des maisons, des chemins… L’enfant développera son imaginaire. Les jeux d’outils en bois permettent à l’enfant de comprendre que s’il frappe fort, le clou va s’enfoncer plus que s’il frappe légèrement…", explique Véronique Lezaca. La dînette reste aussi sur le podium des jeux les plus imaginatifs pour l’enfant. "Elle va partout. À l’intérieur elle s’utilise comme un petit salon de thé, dehors elle sert à faire des mélanges de boue et de sable. Avec une dînette l’enfant peut créer plein d’univers et d’histoires. Il peut aussi recréer ce qu’il a vu chez lui à table." Il est évidemment important d’avoir de tout comme jeux mais modérément.

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Laisser l’enfant s’ennuyer

Et si malgré les kaplas, la dînette, les jeux lumineux ou encore les jeux bruyants votre enfant s’ennuie toujours, ce n’est pas grave. Un enfant qui s’ennuie est un enfant qui fera travailler son imaginaire pour en sortir. "Si on laisse l’enfant cogiter, il trouvera seul sa propre activité", ajoute la psychologue. Un enfant doit prendre le temps de se poser, de réfléchir, de penser et ensuite trouver une activité. "L’ennui n’est pas une mauvaise chose. Il apparaît généralement quand l’enfant peut rester seul face à un jeu, donc vers 3-4 ans. Il doit avoir les capacités de comprendre qu’il s’ennuie." La difficulté aujourd’hui est de ne pas céder à la phrase "je m’ennuie" en donnant une tablette à son enfant. "Avant, si les parents devaient combler cet ennui, ils devaient se mettre à jouer avec l’enfant. Ils n’avaient pas forcément le temps pour ça et donc pouvaient dire ‘oh non zut, joue tout seul’ . Alors que maintenant, si l’enfant s’ennuie, on lui donne une tablette ou un smartphone. C’est une question de facilité", conclut Véronique Lezaca.

Ce n’est évidemment pas une généralité mais l’enfant est de moins en moins confronté à l’ennui. Il ne vagabonde plus assez dans son imaginaire et travaille moins sa créativité. Il faut donc le laisser s’embêter et ne pas l’inonder de jouets sophistiqués. La simplicité reste la meilleure solution à la créativité.