Magazine Il est possible aujourd’hui de modeler son nez avec de simples injections ! Les avantages et les limites d’une telle intervention.

C’est une modification non définitive du nez

La grande nouveauté, c’est que cette rhinoplastie médicale corrige les défauts du nez avec deux produits injectables et résorbables : l’acide hyaluronique, qui donne du volume et tient entre 12 à 18 mois, et la toxine botulique, qui va figer certains muscles gênant l’esthétique du nez, pendant au moins 6 mois. Pour que le résultat dure plus longtemps, il faut donc revenir chez son médecin une fois par an en moyenne. L’avantage, c’est que l’on peut décider d’arrêter quand on le souhaite. "C’est ce qui m’a séduit immédiatement, témoigne Sandra, 20 ans. J’avais peur de la chirurgie. Avec cette intervention, si le résultat ne me convient pas, je ne recommence pas".

On peut corriger pas mal de défauts

Les possibilités de corrections sont multiples. "Les injections fonctionnent très bien pour les patients qui ont une bosse. On comble le creux en amont, qui disparaît instantanément. Tout l’enjeu étant de ne pas augmenter la projection ni le volume global du nez", prévient le Dr Olivier Gerbault. "On peut également réparer une pointe du nez qui se sépare en deux, un nez trop court, une asymétrie sur la ligne médiane, ou encore une pointe un peu basse", ajoute le Dr Philippe Kestemont.

Cela remplace parfois une chirurgie

Dans les cas précités oui. "C’est un outil incontournable même pour les chirurgiens", confirme le Dr Kestemont. Mais les injections ont aussi leurs limites : "Dès que le nez est trop grand, on ne peut pas le raccourcir", illustre le spécialiste. Cette technique ne permet pas non plus de réduire des narines trop empâtées ni de corriger une déviation de la cloison nasale. "Au début j’étais contente, mais je ne suis finalement pas satisfaite du résultat, raconte Vicky, 26 ans. J’avais trop de défauts pour faire seulement une rhinoplastie médicale, je vais donc me lancer et faire une rhinoplastie chirurgicale."

En pratique, la séance est sans douleur

L’intervention, d’à peine 30 minutes, a lieu en cabinet, sous anesthésie locale, avec une simple pommade ou une piqûre. Le praticien injecte ensuite le produit adapté pour la correction à l’aide d’une fine aiguille ou d’une microcanule. "C’est une zone très vascularisée, qu’il faut traiter avec précaution pour ne pas toucher une artère, insiste le Dr Mayeux. Mieux vaut injecter avec parcimonie, quitte à faire le traitement en plusieurs étapes."

Les résultats se voient immédiatement

"J’avais un nez avec une petite bosse vilaine comme tout, surtout de profil. J’ai trouvé ça bluffant. En 5 minutes, mes complexes se sont envolés", raconte Sophie, 32 ans. "En effet, on voit souvent des patients qui vivaient mal avec leur petit défaut au milieu de la figure, se transformer sous nos yeux", affirme Maryse Mateo Delamarre.

Les suites sont légères

Dans les heures qui suivent, il est possible de voir apparaître quelques petits hématomes au niveau du point d’injection, facilement camouflables avec un fond de teint. Un rendez-vous de contrôle est à prévoir 10 à 15 jours plus tard, pour d’éventuelles retouches lorsque l’œdème aura totalement disparu. "On évite durant un jour ou deux d’appuyer sur le nez, de porter des montures de lunettes lourdes afin de ne pas déplacer le produit", conseille le Dr Mateo Delamarre.

Combien ça coûte ?

De 350 à 700 € suivant la quantité d’acide hyaluronique injectée. Aux alentours de 400 € pour la toxine botulique.

Quelques bémols après une chirurgie

"Certains chirurgiens utilisent les injections pour une correction de rhinoplastie chirurgicale, plutôt que de réopérer", observe le Dr Mayeux. Sauf que ce n’est pas forcément une bonne idée. "Près de la moitié de ceux qui viennent me voir pour une deuxième rhinoplastie ont déjà eu de l’acide hyaluronique et ne sont pas satisfaits, ni de leur première opération bien sûr, ni de leur camouflage", note le Dr Gerbault. Conclusion : masquer les insuffisances ou les défauts d’une chirurgie n’est pas toujours la bonne solution. "De plus, dans ce cas précis, les risques de complications existent, certaines réversibles heureusement, d’autres non, même si elles sont très rares !", souligne le Dr Kestemont.